Auteur : Alain Dunand
Date de saisie : 15/10/2010
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Slatkine, Genève, Suisse
Prix : 24.00 € / 157.43 F
ISBN : 9782832104231
GENCOD : 9782832104231
Sorti le : 22/09/2010
La Révolution Française s'est efforcée de supprimer les privilèges antidémocratiques des riches et puissants exploitant à leur profit le peuple réduit au servage. Hélas, la Charte des Nations Unies (1945) en légitime à nouveau la croissante iniquité en garantissant à toute nation le droit d'user de sa souveraineté pour s'enrichir sans limites, fût-ce au détriment de toutes les autres.
La démocratie est de ce fait dans l'impasse. Elle souffre d'une aporie qui ruine son fondement éthique et moral.
L'analyse du privilège hégémonique accordé aux nations souveraines conduit l'auteur à proposer les remèdes que nous pouvons et devons apporter aux violences croissantes qui, de ce fait, ravagent notre espèce et les ressources limitées de sa planète.
Hélas nous en manque encore la volonté politique majoritaire. Il s'ensuit qu'où bien notre espèce :
° éliminera l'aporie qui corrompt la démocratie,
° guérira de sa pandémie boulimique consumériste,
° subordonnera le mode de production industriel à l'artisanerie,
° restaurera la santé des ressources régénérables de sa planète,
° réformera à ces effets son système éducatif,
ou bien elle refusera de s'amender et elle deviendra toujours plus violemment déséquilibrée naturellement et culturellement. En ce cas, elle disparaîtra après de terribles souffrances n'épargnant ni les riches ni les puissants. Un croissant déséquilibre mondialisé n'est ni durable, ni viable.
Alain Dunand, juriste et économiste, diplômé des universités de Genève, Harvard et Yale, ancien chef d'entreprises multinationales, a consacré ses neuf essais précédents à la lente progression de sa compréhension de ce qu'il nomme ici le «bon sens évolutif à tous commun de nos vies». Un texte court et clair que je recommande à tous les militants politiques comme à leurs élus.
Michel-Edouard Slatkine.
1 - une conférence qui fâche
Début juin 2008, un coup de téléphone :
- Jean-Pierre Gross à l'appareil. Monsieur Dunand ?
- Lui-même.
- Excusez-moi de vous déranger, vous êtes bien l'auteur du livre paru l'an passé chez Slatkine «La Société de Consumation - inhumanité croissante et sac de la planète» ?
- Oui monsieur. L'avez-vous lu ?
- Hélas non faute de temps. Je suis un avocat et mon étude ne me laisse que peu de temps libre. Mais j'ai lu sa recension parue dans les Échos. J'aimerais vous proposer d'être notre conférencier lors de la réunion annuelle que j'organise chaque année pour l'association des anciens élèves du Collège de St. Maurice, dont je suis le président. Ce sera le samedi matin 8 novembre 2008. Le thème en serait «Pousser à la consommation, une erreur ? Fatale ?» J'ai pensé que c'était dans vos cordes et que cela pourrait vous intéresser.
- Peut-être. Il faudrait que vous me précisiez ce que vous attendez de moi.
- Bien sûr. Votre conférence serait suivie de celle de Pierre Stadler, un expert du pétrole, des réserves existantes et de leur épuisement prochain.
- Judicieux complément
- Pourrions-nous déjeuner pour faire connaissance, puis, après les vacances, début octobre, avec Pierre Stadler ?
- Quand vous voudrez.
- Je vous envoie un courriel pour en convenir.
- Je suis ici jusqu'à fin juin.
Quand, une semaine plus tard, nous déjeunions ensemble, j'ai demandé à Jean-Pierre Gross ce qu'il attendait de moi. Les anciens de St. Maurice dont je suis le président, m'a-t-il répondu, sont tous, comme moi, dans la seconde partie de leur vie. La crise mondiale qui se dessine leur fait craindre de manquer demain de carburant. Plus profondément, c'est le gaspillage actuel de nos ressources dont j'aimerais que vous nous parliez. Il est exclu que nous continuions à consommer sans limites.
Pour mieux comprendre ce qu'il attendait de moi, je demandai à Jean-Pierre Gross de me parler de lui. J'appris qu'il avait passé plusieurs années aux USA pour parfaire ses études de droit. Revenu en Suisse, à Lausanne, pour y ouvrir sa propre étude, il fut surpris de constater que ses plus proches amis, demeurés en Suisse, tenaient exactement les mêmes propos qu'avant son départ. Il lui semblait qu'ils n'avaient guère évolué alors qu'il s'y était senti obligé pendant ses années aux USA. Il avait été contraint de changer de points de vue, d'habitudes, de convictions, de mode de vie. Il avait dû se remettre en question. A son retour en Suisse, il avait le sentiment d'être devenu un étranger.
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