Passion du livre - tout sur le livre : Trois femmes des Lumières

Recherche simple

Recherche avancée

Recherche multi-critères








Recherche avancée

.. Trois femmes des Lumières

Couverture du livre Trois femmes des Lumières

Auteur : Jean-Claude Hauc

Date de saisie : 08/09/2010

Genre : Histoire

Editeur : Ed. de Paris, Paris, France

Collection : Essais et documents

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 9782846211352

GENCOD : 9782846211352

Sorti le : 16/08/2010

en vente sur logo Amazon.fr Librairie Dialogues


  • La présentation de l'éditeur

Le plus souvent, l'évocation de la femme du siècle des Lumières se limite à des modèles issus de la noblesse ou de la haute bourgeoisie. Or, les trois figures féminines choisies ici ont des origines sociales très dissemblables. Autrefois, leur unique horizon aurait été le mariage et la maternité. Mais, vivant dans une époque en grande mutation, elles ont appris à se faufiler parmi les failles d'une société où tout désormais devient possible. La belle Montpelliéraine, maîtresse de Casanova, Septimanie d'Egmont, comtesse républicaine, et Sara Goudar, l'aventurière, se libèrent de leur groupe originel, tissent leur destin singulier et deviennent des individus au sens moderne du terme.

Jean-Claude Hauc a publié une quinzaine de romans et récits chez différents éditeurs. Passionné par le XVIIIe siècle, il est également l'auteur de plusieurs ouvrages d'histoire littéraire sur les aventuriers et les libertins et collabore régulièrement à la revue L'intermédiaire des casanovistes (Genève).





  • Les premières lignes

LIMINAIRE

En 1715, avec la mort de Louis XIV et l'instauration de la Régence de Philippe d'Orléans, un monde nouveau voit le jour. Les carcans sociopolitiques que l'on imaginait immuables sautent, les vannes s'ouvrent, commence alors l'époque du «joli temps». Tout au long du XVIIIe siècle, la France rayonne sur l'Europe, impose son savoir-vivre, son élégance et son esprit. Une philosophie singulière apparaît, fondée sur la raison souveraine, la critique de la religion chrétienne, l'exaltation de la tolérance.
Les femmes vont jouer un grand rôle dans cette nouvelle société, au point que certains n'ont pas hésité à parler d'un véritable «règne» qui débute soudain pour elles. Moins sensibles que les hommes aux chimères du pouvoir ou des honneurs, celles-ci s'imposent par leur éducation souvent supérieure, leur culture et la vivacité de leur esprit. Leur galanterie souvent aussi, qui leur permet de subjuguer leurs compagnons. Les romans de l'époque rendent hommage aux femmes, dans lesquels elles triomphent et imposent leur morale, jugée souvent frivole, mais toujours incarnée, valorisant le corps et le plaisir. Elles tiennent volontiers salon, influencent les ministres, poussent les écrivains, protègent les philosophes. Certaines entendent même «éduquer» des princes ou des rois.
Mais il faut bien le reconnaître, le plus souvent l'évocation de la femme des Lumières se limite à des modèles issus de la noblesse (Mmes du Deffand, de Choiseul, Mlle de Lespinasse) ou de la haute bourgeoisie (Mmes Geoffrin ou Necker). Ainsi, Elisabeth Badinter a raison lorsqu'elle écrit à propos de l'ouvrage célèbre des Goncourt : «Sur les douze chapitres qui constituent La Femme au XVIIIe siècle, un seul, ou plus exactement une petite partie du chapitre VII, est consacrée à la femme du peuple.» À la décharge des deux frères misogynes qui se plaisent à peindre la femme comme un «agréable animal», nous devons bien sûr tenir compte du fait qu'ils n'avaient pas accès à l'époque aux nombreux documents écrits concernant les représentants de ce que leurs contemporains qualifiaient volontiers de «classes dangereuses». Certains historiens contemporains avancent à ce sujet un argument complémentaire : [De la femme], on parle beaucoup, à perte de vue, afin de mettre l'univers en ordre : mais ici gît le paradoxe. Car ce discours pléthorique et ressassé sur la femme et sa nature est un discours traversé par le besoin de la contenir [...] ; le discours ne rend pas compte de la réalité de sa présence ; aveugle, il ne voit qu'à travers une image, celle de la Femme risquant d'être dangereuse par ses excès, elle si nécessaire par son essentielle fonction de mère.»


Copyright : Studio 108 2004-2012 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli