Passion du livre - tout sur le livre : Ferments d'ailleurs : transferts culturels entre Lumières et romantismes

Recherche simple

Recherche avancée

Recherche multi-critères








Recherche avancée

.. Ferments d'ailleurs : transferts culturels entre Lumières et romantismes

Couverture du livre Ferments d'ailleurs : transferts culturels entre Lumières et romantismes

Auteur : Denis Bonnecase | François Genton

Date de saisie : 06/09/2010

Genre : Littérature Etudes et théories

Editeur : ELLUG, Grenoble, France

Prix : 28.00 € / 183.67 F

ISBN : 9782843101724

GENCOD : 9782843101724

Sorti le : 26/07/2010

en vente sur logo Amazon.fr Librairie Dialogues


  • La présentation de l'éditeur

La transition du dix-huitième siècle au Romantisme est un événement décisif de l'histoire culturelle européenne. Paradoxalement, là où l'on pourrait s'attendre à des ruptures et à une exacerbation des différences (le Romantisme ne promeut-il pas la singularité du peuple et de la nation ?), on découvre, dans chaque culture de l'époque, comme l'ébauche d'interrogations et de pratiques communes par la fertilisation d'apports étrangers. L'ouvrage s'efforce de problématiser ce que l'on pourrait appeler les transferts interculturels en prenant comme champ d'étude les littératures nationales pour ainsi dire ensemencées par l'Autre, en l'occurrence l'étranger qu'elles accueillent. Il s'efforce de cerner ce procès particulièrement complexe et d'en esquisser la théorie. Surtout, en se fondant sur des exemples précis empruntés aux littératures anglaise, allemande, italienne et française, il s'attache à montrer le travail véritable, au plan des idées, des sensibilités et des textes, de ces influences réciproques. Historiens des idées et spécialistes de la littérature ont ici conjugué leurs efforts de manière féconde et originale pour nous donner à sentir et à mieux comprendre cette période cruciale de la culture européenne.





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction de François Genton

In trüben Massen gäret noch die Welt...
Friedrich von Schiller

Pourquoi tenter de décrire ce tournant international de l'histoire artistique et intellectuelle qui commence vers 1750, en recourant à une métaphore relativement peu répandue là où s'offraient de nombreuses notions d'hier et d'aujourd'hui, à commencer par celles de «cosmopolitisme», d'«influences» et de «transferts culturels» ?
La «citoyenneté universelle» que suppose le cosmopolitisme est une notion ambitieuse et ambiguë. Ambitieuse, car elle est associée à toute la réflexion politique du XVIIIe siècle, et ambiguë, car elle peut aussi bien désigner une solidarité réservée aux élites sociales et culturelles qu'un idéal universaliste visant au contraire à instaurer l'égalité par-delà les différences sociales, confessionnelles, ethniques, nationales et culturelles. À cette ambiguïté il faudrait ajouter la critique du cosmopolitisme en tant qu'amour abstrait de l'humanité exemptant à bon compte du devoir de se pencher sur les malheurs et les souffrances réels du voisin. Bien avant Dostoïevski, cette critique fut formulée à la veille de la Révolution française par différents auteurs allemands, de Cari Philipp Moritz, qui oppose en 1786 l'individu réel à la chimère de l'abstraction politique, à Schiller, qui, la même année, expose à propos de son «poème dramatique» Don Karlos que l'adhésion enthousiaste à une certaine idée de la vertu et du bonheur futur conduit à traiter l'individu d'une manière aussi arbitraire que celle du despote le plus autoritaire. Dans ces discussions se manifestent à la fois la crise d'un Ancien Régime confronté à la mise en cause de ses fondements par tout le mouvement de la pensée et des sciences, et une réaction dialectique, peut-être conservatrice sur le plan politique, mais également lucide quant au danger que peut représenter l'enthousiasme politique pour la paix sociale et la vie des individus. La notion de cosmopolitisme, on le voit, entraînait vers une étude du discours politique, ce qui n'était pas l'objectif de ce projet. Bien des aspects du cosmopolitisme apparaissent à un titre ou à un autre dans les textes de ce recueil, mais ils n'en constituent pas le trait commun.


Copyright : Studio 108 2004-2012 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli