Passion du livre - tout sur le livre : Tombeau pour les rares

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.. Tombeau pour les rares

Couverture du livre Tombeau pour les rares

Auteur : Nicolas Rozier

Préface : Marcel Moreau

Date de saisie : 29/07/2010

Genre : Arts

Editeur : Ed. de Corlevour, Clichy, France

Prix : 30.00 € / 196.79 F

ISBN : 978-2-915831-37-5

GENCOD : 9782915831375

Sorti le : 06/04/2010

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  • La présentation de l'éditeur

Empruntant son nom au genre littéraire du Tombeau (déploration funèbre et monumentale), cette exposition est une suite de vingt-sept portraits d'écrivains réalisés par le peintre et poète Nicolas Rozier accompagné dans l'édification du Tombeau par vingt-neuf écrivains. De septembre 2008 à novembre 2009, Nicolas Rozier a dessiné sur toile le portrait «intérieur» des écrivains qui lui sont chers : 27 auteurs défunts réunis en ce livre intitulée Tombeau pour les rares où Villon, Baudelaire et Artaud côtoient Ilarie Voronca, Gérald Neveu et Francis Giauque. Les écrivains du Tombeau, des poètes essentiellement, exceptés Léon Bloy et Van Gogh, sont ici réunis sous l'égide d'une «fragilité surpuissante», d'une faculté d'attaque dans le langage qui les distingue radicalement jusqu'au franchissement du mur des paroxysmes où la littérature devient une écriture de coeur. En vis-à-vis des portraits, Nicolas Rozier a invité 27 auteurs (dont Zéno Bianu, Pierre Dhainaut, Marie-Claire Bancquart, Jacques Ancet...) à écrire sur leurs grands aînés, le portrait écrit répondant au portrait dessiné.

Nicolas ROZIER, né en 1971, vit en Belgique où il écrit et dessine. Ses oeuvres exposées en France et en Belgique ont croisé les textes de Zéno Bianu, Pierre Dhainaut, José Galdo, Charles Dobzynski et Olivier Penot-Lacassagne. Marcel Moreau a salué son travail dans la revue Nunc. Les revues Sorgue, Pyro, Thauma et Nunc ont accueilli ses dessins et ses textes. L'Écrouloir, écrit d'après un dessin d'Antonin Artaud, est paru aux éditions Corlevour, en 2008 après un premier livre, L'Espèce amicale, (poèmes et dessins) chez fata morgana en 2006. L'astre des anéantis paraîtra en 2010 aux éditions de corlevour.





  • Les premières lignes

Extrait de la préface de Marcel Moreau

Nicolas Rozier fait oeuvre éminemment «printemporelle» en retournant son Tombeau pour les rares dans le sens d'une culmination de florilèges. D'où il ressort que les mots des gisants n'en finissent pas de respirer, et certains de danser, quand ceux de tant d'animés en sont encore à mendier des élans improbables auprès de la mécanique des platitudes. D'une poigne inspirée, éclaboussante de torsions à la manoeuvre entre visions exacerbées et désirs de quintessence, il projette à l'endroit où le Verbe qu'il aime est censé ne plus servir qu'à rédiger des épitaphes, des visages et des corps qui en recommencent l'écriture à ses enfantements d'avant la raison. Et quels visages et quels corps que ceux-ci, leurs tressaillements revenus, leur parole de même, plus retentissante que jamais, au sortir des ossuaires. On les dirait triturés du dedans par une dextérité, mieux : un duende, aussi à l'aise sur l'établi de l'orfèvre que sur l'enclume du ferronnier.
Vue, écoutée, re-présentée par Rozier, l'insigne poésie des rares exhale un son inaugural, à l'inverse des commémoratifs. A croire qu'ils ont rendu l'âme deux fois, la première pour la voir quitter en silence l'enveloppe charnelle, la seconde pour en entendre les mouvements migratoires émettre un bruit de basse continue ou de trille inopiné, bref un peu de cette musique posthume des mots qui de leur vivant surent arracher du chant aux conglomérats mutiques et parmi eux tels ou tels non-dits en voie de fossilisation.
De la manière «forte» dont il réactualise ses rares, tout en y ajoutant leur portrait en écartelé pour la bonne cause, celle des transports au-delà de soi-même, l'artiste accentue en profondeur la qualité prémonitoire de leur rapport aux mots. De la prémonition à la prophétie, il n'y a parfois que la distance d'un remous spasmodique de la conscience, ou d'un souffle féroce de derrière les «ergots».


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