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.. Transports en commun

Couverture du livre Transports en commun

Auteur : Jean Grégor

Date de saisie : 15/10/2010

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Fayard, Paris, France

Collection : Littérature française

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 9782213655475

GENCOD : 9782213655475

Sorti le : 01/09/2010

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  • La présentation de l'éditeur

«On se demandait, Boris et moi, ce que les gens retiendraient de nous quand on serait morts, et la réponse, eh bien c'était pas grand-chose. On pensait à nos grands-parents qui avaient connu la guerre, mais pour nous, il n'y avait rien à raconter. Et puis Boris, bien sûr, disait qu'il nous restait les voitures...
Quand on avait des discussions sérieuses, quand je lui pressais le citron, c'était cette petite goutte de pensée qui sortait. Il n'avait pas tort, après tout... C'était quand même important, les voitures. D'ailleurs, peu après, j'ai trouvé un boulot de chauffeur !»

Jean Grégor est né en 1968. Il a été coursier, pompier, serveur dans les trains, vendeur de chemises, de pulls, agent consulaire, chauffeur de grande remise, et travaille aujourd'hui dans un aéroport. Il a publié deux recueils de nouvelles et six romans, parmi lesquels L'ami de Bono (Mercure de France, 2005) et Zénith (Mercure de France, 2009).





  • La revue de presse Julien Bisson - Lire, octobre 22010

Dans son précédent roman déjà, le vaporeux Zenith, Jean Grégor évoquait les mystères de la filiation, les regrets d'un fils envers un géniteur méconnu. Le voici qui creuse avec bonheur son sillon dans cette fiction sinueuse aux accents modianesques. Servi par une écriture limpide et une tendresse rare, Transports en commun égrène les destins sans prétention, les ambitions rentrées et les fractures intimes. A chacune d'elles, l'auteur fait correspondre une voiture - Ami 6, Renault 14... -, comme autant de cartes postales d'un temps révolu. Aux carcasses sans vie se substituent alors les émotions que ces autos ont connues, les sentiments qu'elles ont véhiculés, transports d'amour ou d'allégresse. Joli tour de passe-passe pour un roman qui ne manque pas d'allant.


  • La revue de presse Baptiste Liger - Lire, septembre 2010

Dans Transports en commun, Jean Grégor s'est, lui, inspiré d'une réflexion de Roland Barthes, voyant dans la voiture "une grande création d'époque, conçue passionnément par des artistes inconnus, consommée dans son image, sinon dans son usage, par un peuple entier qui s'approprie en elle un objet parfaitement magique". A travers les destins de Boris et de Sylvie dans la banlieue parisienne des années 1970 à 2000, ce fétichiste des carosseries cite à peu près tous les modèles d'époque (AX K-Way, Skoda Felicia, Citroën Berlingo, 205 GR, etc.), les désignant comme des signes d'identité ou d'évolution sociale.



  • Les premières lignes

Je ne pensais pas éprouver un jour la nécessité de raconter l'histoire de Boris Manzarek. Je ne pensais pas que j'aurais besoin d'aller fouiller dans son passé, dans les souvenirs, pour mieux comprendre ce qui nous est arrivé. J'ai maintenant soixante-dix ans, et ceux qui ont atteint cet âge vous le diront : c'est un moment où l'on n'a plus envie de faire semblant, où le mensonge ne sert plus à rien. Combien de temps reste-t-il pour le solde de tout compte ? Dix ans ? Quinze ? La maladie ou la mort ne m'obsèdent pas, mais la probabilité d'une fin prochaine devient évidente.
J'ai écrit plusieurs livres et je veux prévenir les lecteurs qui me connaissent : il n'y a ici rien de romancé. Je vais raconter l'histoire de Boris Manzarek et de celle qu'il a aimée dans sa jeunesse. L'histoire de celles et ceux qui les ont accompagnés, témoins de leur passage à Franconville, sur les routes de France et de Navarre et de beaucoup plus loin encore. Cette fois, on ne pourra pas me demander : «Madame Lode-Becker, ce personnage a-t-il existé, ou est-il le fruit de votre imagination ?» Non, tous les personnages qui tomberont sous ma plume ont existé, existent encore pour la plupart, de même que j'ai existé dans cette histoire, quelqu'invisible fût ma présence.
Si je dis invisible, ce n'est pas par fausse modestie. Simplement, jusqu'à il y a peu de temps, j'étais une inconnue pour la famille Manzarek. Je pourrais dire que j'ai été la maîtresse du père de Boris, oui. Et pour cette seule raison, jamais je n'aurais imaginé évoquer le sujet et encore moins écrire dessus. Jamais je n'aurais imaginé que je lèverais timidement le doigt pour dire : je suis là. Je ne suis pas de nature revendicatrice, et d'ailleurs toute révélation à ce sujet me semble hors de propos. Mais ce mot de maîtresse est incomplet, et l'utiliser seul, ce serait balayer du revers de la main toutes ces années où nous nous sommes aimés sans nous rapprocher, Jacques et moi. Ce serait mentir. J'ai été dans l'ombre, c'est une formulation sans doute plus adaptée.


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