Passion du livre - tout sur le livre : Les devins

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.. Les devins

Couverture du livre Les devins

Auteur : Margaret Laurence

Traducteur : Sophie Bastide-Foltz

Date de saisie : 23/08/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Joëlle Losfeld, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 26.00 € / 170.55 F

ISBN : 978-2-07-078982-5

GENCOD : 9782070789825

Sorti le : 07/05/2010

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  • La présentation de l'éditeur

Morag Gunn a quarante-sept ans. Écrivain qui connaît un certain succès, elle vit désormais dans un corps de ferme en bordure de rivière, dans l'est de l'Ontario. À travers une série de flash-back, elle fait le point sur les moments les plus douloureux et les plus grisants de sa vie : son enfance en marge de la société dans la petite ville de Manawaka ; sa relation avec Jules Tonnerre, un Métis chanteur de country ; son rejet d'un mariage avilissant. Et l'écriture comme refuge...
Les devins, livre à tiroirs, l'un des plus autobiographiques de l'auteur, mêle avec ingéniosité et subtilité différentes voix, toutes très singulières. Il est considéré par Margaret Atwood comme l'un des meilleurs romans des temps modernes.

Margaret Laurence est née en 1926 au Canada. En 1957, date de son retour d'Afrique où elle a vécu quelques années, elle débute le «cycle de Manawaka» composé de cinq livres, dont L'ange de pierre, Une divine plaisanterie et Les habitants du feu parus aux Éditions Joëlle Losfeld. Elle reçoit pour chacun de ses ouvrages un accueil enthousiaste souvent récompensé par un prix littéraire. Admirée par des écrivains tels que Robertson Davies, Margaret Atwood ou Alice Munro, elle est un auteur majeur de la littérature canadienne. Elle meurt en 1987.





  • La revue de presse Claire Devarrieux - Libération du 8 juillet 2010

Pas de «je», mais un «elle» très proche, pour Morag Gunn, conscience et sujet, cerveau, centrale électrique des Devins, le cinquième roman, paru en 1974, de la Canadienne Margaret Laurence. Morag et Margaret sont contemporaines, nées en 1926 dans le Manitoba, sans doute partagent-elles quelques idées sur le monde, et sur la littérature. Morag Gunn, en train d'écrire le livre de sa vie, a une confiance raisonnable dans les mots, une bonne oreille pour l'écho des langues étrangères enfouies au fond des voix, le gaélique chez les descendants des pionniers écossais, le cree et le français chez les Indiens métis, l'hindi chez l'universitaire anglais élevé près de Calcutta. Elle a surtout une haute idée de la fiction...
Les Devins donne une image précise du métier d'écrivain : «Morag était assise à la table de la cuisine, un cahier devant elle, un stylo-bille à la main. Mais elle n'écrivait pas. Elle regardait la rivière. Se mettre au travail chaque matin exigeait un effort de volonté colossal, presque impossible, qui ne suffisait jamais, du reste, s'il ne s'appuyait pas sur un acte de foi.»


  • La revue de presse Christine Ferniot - Télérama du 12 mai 2010

En 1957, la Canadienne Margaret Laurence (1926-1987) entame «Le cycle de Manawaka», composé de cinq romans dans lesquels elle accompagne plusieurs générations installées dans un village fictif qui ressemble à celui de son enfance. Les Devins, paru en 1974, est le plus autobiographique, le plus réussi par sa construction, sa force d'évocation, son humanisme...
Mettant en scène les contradictions d'une femme que le devoir de mémoire engage à «écrire son histoire personnelle et fictive», Les Devins est un livre audacieux et captivant.



  • Les premières lignes

La rivière coulait dans les deux sens. Le courant allait du nord au sud, mais c'est du sud que venait le vent la plupart du temps, plissant l'eau vert bronze dans la direction opposée. Depuis des années que Morag observait la rivière, cette apparente contradiction, une impossibilité rendue possible, la fascinait encore.
Les brumes de l'aube s'étaient levées, et des hirondelles s'élançaient en essaims dans l'air matinal, brossant l'eau de leurs ailes, puis remontaient par voltes et pirouettes. Morag les suivait des yeux, essayant de ne pas penser, hélas sans le moindre succès.
Pique était partie. Pendant la nuit, probablement. Elle avait laissé un mot sur la table de la cuisine, qui servait aussi de bureau à Morag, et glissé la feuille de papier dans la machine à écrire où Morag ne manquerait pas de la trouver.

Ne te mets surtout pas dans tous tes états, Ma. Je serai prudente. Je mets le cap à l'ouest. Seule, du moins pour l'instant. Si Gord appelle, dis-lui que je me suis noyée et que je flotte dans la rivière, couronnée d'algues et de vairons morts, comme Ophélie.

Bon, pour ce qui est de l'écriture, accordons-lui qu'elle a du style. Pas très original, peut-être, mais bon. Seigneur, ça n'a rien de drôle. Pique n'a que dix-huit ans. Si on lui pressait le nez, il en sortirait encore du lait. Ce n'est pas vrai, j'exagère. Si seulement il n'y avait pas eu la fois où elle avait fugué, et que ça avait si mal tourné.


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