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.. L'homme musical : la notation en mots dans l'oeuvre de Schumann

Couverture du livre L'homme musical : la notation en mots dans l'oeuvre de Schumann

Auteur : Thomas Dommange

Date de saisie : 23/08/2010

Genre : Musique, Chansons

Editeur : les Solitaires intempestifs, Besançon, France

Collection : Expériences philosophiques

Prix : 23.00 € / 150.87 F

ISBN : 9782846812788

GENCOD : 9782846812788

Sorti le : 17/04/2010

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  • La présentation de l'éditeur

LA MUSIQUE est une opération de transformation de l'auditeur en un homme musical. A partir d'une analyse philosophique des indications en mots dans les partitions de Schumann, l'auteur essaie de faire le portrait de cet homme, et de montrer en quoi il diffère radicalement de nous : la musique est pour l'auditeur un lieu privilégié d'expérimentation d'un nouveau rapport à soi. On le dit depuis longtemps : elle n'est pas d'abord une affaire de musiciens, une affaire esthétique, mais une affaire métaphysique et morale. En quoi la morale et la politique sont-elles finalement engagées dans l'audition d'une oeuvre et dans l'émergence de cet homme-là ?

Agrégé et docteur en philosophie, Thomas Dommange est directeur de programme au Collège International de Philosophie. Il vit et enseigne à Montréal.





  • La revue de presse Aliocha Wald Lasowski - Le Magazine Littéraire, juillet 2010

Avec Chopin et Schumann, musique et littérature sont intimement mêlées. Le père de Schumann, libraire, traducteur de Byron, accueille les poètes du Sturm und Drang. Le jeune Schumann lit Jean Paul, Novalis, Hölderlin, avant d'associer son «jardin des poètes» à ses oeuvres musicales. De sorte qu'aux yeux du philosophe Thomas Dommange, dans L'Homme musical, le compositeur est aussi, pleinement, un homme de lettres. N'est-ce pas aussi ce que laisse à penser la passion amoureuse de Chopin et de George Sand, qui, de 1839 à 1846, passent l'été dans la propriété de la romancière, où l'une fait vibrer la langue et l'autre la musique.



  • Les premières lignes

RÉSOUDRE ET NE PAS RÉSOUDRE L'ÉNIGME

Les oeuvres de Schumann contiennent environ sept cents annotations en mots. Dans les premières années, ces indications sont principalement en italien et seules les Davidsbündlertänze sont annotés en allemand. Puis, à partir de 1837, la proportion s'inverse et, dans plus de 90 % des cas, les marques d'expression sont écrites en allemand, Schumann ne conservant l'usage de l'italien que pour certaines oeuvres comme les quatuors et l'une ou l'autre symphonie. La pièce qui ouvre le recueil des Davidsbündlertänze comporte l'indication lebhaft, vif, animé, qui représente la première annotation en langue allemande dans l'oeuvre du compositeur. Ce terme va revenir plus d'une centaine de fois et constituer plus de 15 % de l'ensemble des indications en mots dans les partitions. Si on prend en compte les adjectifs dont le sens est approchant, comme belebt, ou bewegt, ou encore aufgeregt, qui tous signifient l'agitation et désignent un mouvement emporté ou vif, le réseau de significations contenu dans le terme lebhaft représente un quart de toutes les annotations susceptibles d'être rencontrées. En 1838, dans les Kreisleriana, op. 16, alors qu'il passe définitivement aux indications en allemand, Schumann demande de jouer la pièce en ré mineur qui ouvre le recueil, äußerst bewegt, de façon extrêmement agitée. Pourquoi Schumann ne puise-t-il pas dans les termes italiens qui sont à sa disposition et n'utilise-t-il pas des annotations telles que affretendo, en pressant et agité, prestissimo, animato ou encore acceso, enflammé ?


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