Passion du livre - tout sur le livre : Le double jeu de Juan Martinez

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.. Le double jeu de Juan Martinez

Couverture du livre Le double jeu de Juan Martinez

Auteur : Manuel Chaves Nogales

Préface : Andrés Trapiello

Traducteur : Catherine Vasseur

Date de saisie : 23/08/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Table ronde, Paris, France

Collection : Quai Voltaire

Prix : 21.00 € / 137.75 F

ISBN : 9782710331469

GENCOD : 9782710331469

Sorti le : 29/03/2010

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  • La présentation de l'éditeur

«Sous un tel régime, punir de mort celui qui avait faim ou froid devint finalement une chose très naturelle.»

Au cours d'un reportage sur les Russes réfugiés à Paris, le journaliste espagnol Chaves Nogales rencontre Juan Martinez. Ce danseur de flamenco lui raconte comment, après avoir triomphé dans des cabarets d'Europe centrale, sa compagne Sole et lui se sont fait surprendre en Russie par la Révolution d'octobre 1917.

Faute de pouvoir quitter le pays, ils en ont subi les rigueurs, et celles de la sanglante guerre civile qui a sévi à Moscou, Saint-Pétersbourg et Kiev. Fasciné par l'intensité et l'humanité de ce récit, Chaves Nogales le publie en feuilleton dans le journal Estampa en 1934 avant d'en tirer un livre. Dans Le Double Jeu de Juan Martinez, défilent, sur fond d'atrocités, des personnages à la fois authentiques et romanesques : artistes et assassins, ducs russes prodigues et espions allemands, sans oublier les inévitables spéculateurs.

Né à Séville en 1897, Manuel Chaves Nogales collabore à Estampa avant de prendre en 1930 la direction d'un autre journal illustré, Ahora. Il y publie notamment des reportages sur l'URSS et l'Allemagne nazie. Exilé à Londres sous Franco, il y meurt en 1944, à l'âge de 47 ans. Il est également l'auteur de Juan Belmonte, matador de taureaux (Verdier, 1990), et d'un témoignage visionnaire sur la guerre civile espagnole, A sangre y fuego, qui paraîtra à Quai Voltaire.





  • La revue de presse Jean-Michel Barrault - Lire, juillet 2010

Le récit est passionnant. Il nous fait vivre au jour le jour les faits, rien que les faits, dans leur sèche cruauté. Dans la guerre civile que se livrent révolutionnaires et fidèles au tsar, les villes sont prises et reprises. Possédés par une folie meurtrière, les hommes incendient, pillent, massacrent...
On peut s'étonner que cet exceptionnel et précieux témoignage paraisse seulement en 2010, près d'un siècle après les événements qu'il évoque. En 1934, le récit recueilli par Nogales avait paru sous forme de feuilleton dans la revue espagnole Estampa. Il préfigurait les exactions qui allaient endeuiller la guerre civile espagnole. Mais, à l'époque, dans les milieux intellectuels, il était malvenu de critiquer la révolution russe et l'avènement du communisme. Dans la tourmente qui allait opposer troupes républicaines et franquisme, le livre était passé inaperçu. Manuel Chaves Nogales, contraint à l'exil, s'était réfugié en France puis à Londres où il est mort en 1944, à l'âge de 47 ans. Le traducteur Andrès Trapiello a exhumé le récit et a rédigé la préface de cet ouvrage, hommage à un couple de danseurs de flamenco à l'indomptable courage.



  • Les premières lignes

Extrait de la préface

Longtemps, trop longtemps, le nom de Manuel Chaves Nogales ne fut rattaché à la littérature que par le fil ténu de sa remarquable biographie du torero Juan Bel-monte. Le reste de ses écrits gisait dans de rebutantes bibliothèques de périodiques, tandis que quelques volumes aux titres obscurs se rencontraient parfois chez des libraires d'ancien : Narraciones maravillosas y biografias ejemplares de algunos hombres humildes y desconocido (Récits merveilleux et biographies exemplaires de quelques hommes modestes et inconnus), La vuelta a Europa en avion (Le Tour d'Europe en avion), Lo que ha quedado del imperio de los zares (Ce qui reste des tsars)... Tous étaient, sont des livres d'une grande humanité, propres à élargir les horizons de la conscience. Mais pour le savoir, encore eût-il fallu pouvoir les lire. Comble de malchance, celui qui, entre tous, eût pu rencontrer un large écho auprès du public, A sangre y fuego, recueil de nouvelles consacré à la guerre civile, ne circula pas en Espagne. Deux raisons s'épaulèrent l'une l'autre pour justifier l'injustifiable occultation de ce livre durant un demi-siècle.
La première : A sangre y fuego fut édité au Chili en 1937. Il fallut attendre les années quatre-vingt, et la généreuse ambition du libraire et poète Abelardo Linares de faire connaître en Espagne la littérature éditée outre-Atlantique au cours des six décennies précédentes pour que quelques exemplaires parviennent jusqu'à nous. L'autre raison tient au contenu même du livre : rien de plus juste, de plus lucide, ne fut sans doute écrit sur la guerre civile par un Espagnol, alors même que les événements se déroulaient sous ses yeux ; or, comment eût-il été tolérable à ceux - communistes ou phalangistes -pour lesquels cette guerre fut alors l'unique solution aux problèmes politiques de l'Espagne, de se voir indistinctement ravalés, dans le sous-titre de l'ouvrage, au rang de «héros, bêtes et martyrs» ?


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