Auteur : David Michaud
Date de saisie : 13/11/2009
Genre : Photos
Editeur : Chêne, Paris, France
Prix : 35.00 € / 229.58 F
ISBN : 978-2-8123-0140-7
GENCOD : 9782812301407
Sorti le : 12/11/2009
Ce livre réunit 240 photographies du XIXe siècle provenant d'albums conservés au musée Nicéphore Niepce de Chalon-sur-Saône. Présentées par David Michaud, ces photographies sont, comme souvent à l'époque, habilement coloriées à la main dans les studios japonais. Elles montrent aux Occidentaux l'image d'un Japon idéal tel qu'on le rêve à l'époque avec ses samouraïs, ses geishas, ses temples et ses cerisiers en fleurs.
David Michaud est photographe et journaliste high-tech après avoir été web-designer indépendant. Après avoir traité de nombreux sujets photographiques pour divers clients, c'est en 2002 qu'il se focalise sur le Japon après un premier voyage, et créé le site Internet LeJapon.fr. Son blog devient au fil du temps une référence sur le pays, lui valant d'être cité dans de nombreux magazines, et d'être l'invité d'émissions de télévision. Après quelques expositions, les éditions du Chêne lui offrent l'occasion de quitter une nouvelle fois le monde virtuel et de signer en tant que photographe/auteur son premier livre sur le Japon.
«Au Japon, il y a des photographes dans le genre des nôtres ; seulement ce sont des Japonais, habitant des maisons japonaises. [...] Cela étonne et cela déroute, un photographe niché là, dans tout ce Japon d'autrefois [...]. La cour d'entrée est d'une irréprochable japonerie, avec des lanternes et arbres nains. Mais l'atelier où l'on pose pourrait être aussi bien à Paris ou à Pontoise ; mêmes chaises en "vieux chêne", mêmes poufs défraîchis, colonnes en plâtre et rochers en carton...»
Cette considération, juste et amusée, de Pierre Loti marque l'étonnement de l'étranger fraîchement débarqué à Nagasaki devant le peu de dissemblance entre les studios photographiques parisiens et les nippons ! Pour peu qu'on s'y intéresse, il s'avère en effet que la photographie n'a de japonaise que d'avoir été réalisée au Japon.
Et si l'on se penche avec attention sur la bibliographie consacrée à la photographie «japonaise», on s'aperçoit qu'à l'usage elle se révèle restrictive et répétitive. Sans les travaux récents de Terry Bennett et de Claude Estèbe, l'histoire stéréotypée de la photographie japonaise, faite d'érotisme de pacotille et de mauvaise tradition japonisante (cerisiers en fleurs, ombrelles, hérons...), se perpétuerait. Notre savoir édifié sur la connaissance exclusive des collections européennes et américaines, en accordant à juste titre une reconnaissance à la production commerciale des photographes étrangers confinés à Yokohama, a volontairement ignoré une production indigène qu'on ne peut se résoudre à qualifier de mineure. Mais il est vrai que l'importance des productions de Beato, de Stillfried son successeur, de Farsari, ainsi que de leurs continuateurs et rivaux japonais Kusakabe Kimbei, Tamamura Kozaburo, a imposé pour des décennies une forme - l'image colorisée - et un récit - la fin du Japon féodal. Ce n'est donc pas sans difficultés que l'on a réussi à reconstituer les séquences de la photographie japonaise. Désormais, les auteurs s'accordent sur les moments clés d'une histoire qui débute avec l'arrivée des canonnières américaines dans la baie d'Edo en juillet 1853.
Eliphalet Brown Jr., un daguerréotypiste, s'était joint aux deux missions du commodore Perry ; missions qui n'étaient rien d'autre qu'une mise en demeure, un ultimatum des Occidentaux pour l'ouverture du Japon aux marchandises occidentales.
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