Auteur : Gérard Vincent
Préface : Jean-Claude Lemonnier
Illustrateur : photographies de Lucienne et Gérard Vincent
Date de saisie : 03/10/2009
Genre : Arts
Editeur : A. Lyner, Issoudun, France
Prix : 27.00 € / 177.11 F
ISBN : 978-2-918352-00-6
GENCOD : 9782918352006
Sorti le : 30/05/2009
Je collectionne les grès depuis 1970. A ce titre j'ai eu l'occasion de voir des grès de toutes les régions de France, mais aucune n'a eu, me semble t-il, une production à la fois aussi belle et aussi complète que celle du Bas-Berry.
Ce sont de très beaux grés par leurs formes harmonieuses et surtout par leurs vernis brillants, réunissant une harmonie des couleurs mélangées, atteignant la perfection grâce au talent des potiers et à la magie du feu. Et pourtant, ces chefs-d'oeuvre ont été réalisés par des artistes qui à l'époque ignoraient leur propre talent.
Mon livre présente à la fois ces grès usuels et les usages qui en étaient fait. Ces grès reflètent aussi l'esprit de consommation de l'époque : on ne détruisait pas ce qui n'entrait pas dans la norme, comme on le fait de nos jours par exemple avec les légumes. On conservait, on réparait, on récupérait, on prenait soin des choses...
Ce monde est pourtant le nôtre, ces grès sont nos racines, nous sommes leurs héritiers.
Gérard Vincent
Cet ouvrage composé de textes et de photos a été élaboré par Lucienne et Gérard Vincent. Il met en valeur des poteries faites à l'unité, par des artisans qui n'avaient qu'un tour de potier et leurs deux mains pour travailler.
Que le lecteur ne recherche pas la géométrie parfaite des grès présentés dans cet ouvrage, ce ne sont pas des pièces d'usine. Les vernis peuvent parfois être irréguliers. Les imperfections ou les défauts qui pourraient apparaître ne sont du fait ni du photographe, ni de l'imprimeur ; ils font partie intégrante de la pièce, ancienne et parfois usée... ce qui fait leur charme. Ces grès reflètent aussi l'esprit de consommation de l'époque : on ne détruisait pas ce qui n'entrait pas dans la norme, comme on le fait de nos jours par exemple avec les légumes. On conservait, on réparait, on récupérait, on prenait soin des choses.
Ces poteries ont gardé un peu de cette chaleur humaine donnée par leurs créateurs, et elles nous la transmettent à leur tour comme un message dont ces grès seraient porteurs.
Dernier d'une longue lignée d'agriculteur, Gérard Vincent, né en 1936, reprend avec Lucienne son épouse la ferme de ses grands-parents en 1961. En faisant le tour du grenier, son regard est attiré par plusieurs poteries vernies noires, rangées avec soin par les siens, quelques décennies plus tôt. Il les observe ; il a l'impression qu'elles veulent lui parler. De cette rencontre, naîtra quelques années plus tard une passion pour ces grès, qu'il amassera pendant plus de 30 ans, formant sans doute la plus importante collection connue de ces témoins d'un monde depuis longtemps disparu.
Recueillant témoignages et récits, glanant des informations ici et là, il parvient à dresser l'usage exact de chacun de ces grès et les coutumes de ses aïeux terminant ainsi une vie de collectionneur bien remplie.
Datation des grès du Bas-Berry
En l'absence de fouilles officielles sur les sites de production. Le regretté Monsieur Gourvest alors conservateur des musée de Chateaumeillant et de La Châtre avait commencé des recherches, la vie en ayant décidé autrement, il n'y a pas eu de suites.
En présence d'un petit nombre de pièces datées ou écrites, la datation des objets ne peut être qu'approximative, elle se fait sur des comparaisons avec des pièces d'âge connu venant de sites géographiquement proches : Saint-Amand-Montrond ou un peu plus loin, La Borne.
Il semble en effet que les formes aient été semblables à la même époque dans la même région, ex: les anses plates et rainurées sont du 18ème / début 19ème siècle partout en même temps. Cependant, durant toute cette période, d'autres formes d'anses ont coexisté.
La datation est basée sur un ensemble d'éléments, forme générale, forme des anses et du goulot, vernis, (couleur, épaisseur et quantité), elle ne peut dans ces conditions que manquer de précision. A Verneuil en 1653 la production consistait en poteries usuelles à pâte très fine non vernie (Poteries Faïences Françaises, p. 1780).
Le peu d'écrits laissés par les potiers, l'absence de pièces signées ou datées (très peu le sont, mais lorsqu'elles le sont c'est souvent d'une très belle écriture) ne signifie pas que les potiers étaient illettrés, simplement ils considéraient la poterie comme un travail qu'ils exécutaient avec talent et passion mais n'en tiraient aucune vanité.
Il est surprenant de constater que les derniers héritiers de dynasties de potiers n'aient souvent conservé aucune pièce ancienne.
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