Auteur : Louis Begley
Traducteur : Philippe Mikriammos
Date de saisie : 02/10/2008
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Rocher, Monaco, France
Collection : Littérature
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 978-2-268-06659-2
GENCOD : 9782268066592
Sorti le : 02/10/2008
Qu'ont-ils à se cacher, ces trois garçons qui, entrant à Harvard au tournant des années 1950, vont partager le même appartement ?
Henry, qui joue un peu à n'être pas juif, est le plus doué. Il fascine Archie (mais qu'est-ce que celui-ci veut noyer dans l'alcool ?) et devient le meilleur ami du narrateur, Sam, qui, lui, a fort à faire pour qu'on le croie «normal».
Archie y perdra la vie ; Sam y gagnera une oeuvre et une renommée littéraire; Henry, devenu un brillant avocat international, jouera un fameux tour aux socialistes lors des nationalisations de 1981.
Pourtant, lui aussi «disparaîtra». Jusqu'à ce que le fidèle Sam le retrouve là où l'on ne l'attendait pas...
Louis Begley revient en force avec un grand roman qui chevauche les deux rives de l'Atlantique et entretient le suspense jusqu'à la dernière page.
Louis Begley, né en Pologne en 1933, a émigré avec ses parents aux Etats-Unis. Avocat, il vit à New York. Son premier roman, Une éducation polonaise, a obtenu le prix Médicis en 1992. Depuis, Louis Begley a publié L'Homme en retard, Le Regard de Max, Mr. Schmidt et Mistler prend congé, tous traduits chez Grasset.
Voici le premier souvenir que j'ai de Henry : je suis à la porte d'une des trois chambres de l'appartement, au rez-de-chaussée du dortoir qu'on m'a assigné. Un rouquin grand et mince se penche par la fenêtre ouverte et salue quelqu'un de la main. Ayant entendu mes pas, il se retourne et me fait signe d'approcher, en disant : Regarde, il y a une jolie fille qui m'envoie des baisers. Je ne la connais même pas. Elle doit être dingue !
Je m'approchai de la fenêtre : effectivement, à trois mètres tout au plus, debout dans l'herbe, une fille envoyait des baisers et de grands signes de la main en direction de notre fenêtre. Entre deux baisers, un large sourire fendait sa bouche, qu'agrandissait encore une épaisse couche de rouge à lèvres. Elle portait un ensemble de tweed beige, des bas vert foncé et un chapeau tyrolien orné d'une petite plume de faisan. À quelques pas, je remarquai une femme d'un certain âge, vêtue d'un tweed un peu plus sombre et d'un chapeau mou marron. Est-ce le chapeau ou un air de distinction altière, mais elle me rappela Ingrid Bergman dans Casablanca, au moment de monter dans l'avion de Lisbonne. Je me dis - en partie à cause de la ressemblance vestimentaire - que ce devait être la mère.
Quelques étudiants s'étaient arrêtés sur le chemin menant en diagonale vers le coin de la bibliothèque Widener et regardaient la scène, bouche bée. Ni les singeries de sa fille ni le public qu'elles avaient attiré ne semblaient déranger la mère. Mais, au bout d'une ou deux minutes, elle lui dit quelques mots d'une voix trop basse pour que nous pussions entendre, et la fille, ayant envoyé un dernier baiser, leva les bras dans un geste de désespoir théâtral. Les deux femmes s'éloignèrent à pas lents.
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