Passion du livre - tout sur le livre : Les deux soeurs
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_ Les deux soeurs

Couverture du livre Les deux soeurs

Auteur : Adalbert Stifter

Traducteur : Claude Maillard

Date de saisie : 02/03/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Circé, Belval, France

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 9782842421748

GENCOD : 9782842421748

Sorti le : 01/09/2004

en vente sur logo Amazon.fr Librairie Dialogues


  • Le bouche à oreille des écrivains

Françoise Lapeyre - 14/06/2007



  • La présentation de l'éditeur

C'est un roman de formation, dans la lignée de Goethe. L'histoire d'un homme encore jeune, heureusement doué, partagé entre deux vocations incompatibles pour l'art et la vie pratique. La chance d'un héritage fait de lui un propriétaire foncier qui se consacre avec succès à l'agriculture, activité quasiment sacralisée par Stifter. Sa fortune faite, il entreprend l'indispensable voyage en Italie, interrompu dès le début par un épisode inattendu bien que préparé dès le début du récit : un long séjour dans une famille dont les deux filles, à la fois presque semblables et radicalement différentes, vont apparaître comme les images projetées des ses deux vocations. Il lui faudra quitter ce séjour paradisiaque pour comprendre qu'il s'est épris de la cadette, incarnation de l'efficacité pratique et de toutes les vertus humaines, mais inaccessible car amoureuse d'un homme qui l'aime aussi mais renonce à elle pour épouser l'aînée, l'artiste, qui sans lui dépérit. Dans ce double renoncement, cette abnégation sublime, ainsi que dans la peinture d'un vie idyllique, on rencontre nombre de thèmes récurrents de Stifter : la parfaite noblesse des êtres, la beauté des paysages, le rêves d'une vie simple au sein d'une nature harmonieuse, en marge d'une société lointaine et sans problèmes. On y retrouve également le meilleur de cet auteur : l'extrême finesse picturale et le réalisme quasi-onirique des descriptions...

Adalbert Stifter est né en 1805 à Oberplan (Bohême méridionale) dans une famille d'origine modeste. Son père meurt alors qu'il est âgé de douze ans et ce sont alors ses grands-parents qui l'élèvent. Jusqu'en 1840, Stifter reste partagé entre deux vocations : la peinture et la littérature. La publication de sa première nouvelle Le condor le rend célèbre. Pendant huit ans, il vivra de sa plume et de son travail de précepteur dans des familles de la noblesse viennoise. En 1848 Stifter s'installe à Linz, où il finira sa vie. Gravement malade et souffrant de sévère dépression, il met fin à ses jours le 28 Janvier 1868.





  • La revue de presse Mathieu Lindon - Libération

Lors d'un voyage en diligence, le narrateur des Deux Soeurs rencontre un des autres passagers «qu'en raison de sa mine très pâle et de ses vêtements noirs nous appelâmes par plaisanterie Paganini». Avec «un sourire mélancolique», celui-ci dit : «Qui sait, si j'étais réellement Paganini, ce serait peut-être pour moi un très grand malheur !» Le narrateur retrouve à Vienne ce Paganini et va avec lui au concert où deux jeunes soeurs se révèlent d'exceptionnelles violonistes. Il en est fortement ému et se retourne vers son voisin, l'homme en noir, pour voir si lui aussi a été atteint par la qualité du jeu et constater, «avec un étonnement proche de la frayeur», que «de grosses larmes coulaient et roulaient sur ses joues ravinées ; il était immobile, pétrifié». Le Paganini n'ouvre pas la bouche à la fin du concert. C'est quand les deux hommes sont montés dans la voiture qui les ramène qu'il dit seulement : «Ah, malheureux père ! Malheureux père, hélas !» La suite du texte donnera une explication implicite à ces mots, de même qu'il se révélera que les «deux soeurs» du titre ne sont pas celles qui ont manié si merveilleusement le violon. Car les livres de Stifter, qui prétend ne s'intéresser qu'à la banalité, n'en recèlent pas moins des surprises... Il est toujours difficile de définir strictement ce qui est le sujet même d'un texte de Stifter, parce que ce qu'on a tendance à appeler l'intrigue est sans cesse pris dans une élégance morale qui l'emporte bien plus haut que les simples événements mis en scène...


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