Auteur : Tracy Wilkinson
Date de saisie : 30/05/2007
Genre : Religion, Spiritualité
Editeur : Litté, Paris, France
Prix : 18.90 € / 123.98 F
ISBN : 978-2-84964-006-7
GENCOD : 9782849640067
Sorti le : 30/05/2007
Les Exorcistes du Vatican
Selon le Vatican, le diable serait une entité bien réelle, capable dans certains cas de prendre possession d'un corps. Un prêtre - l'exorciste - peut alors conduire le rituel très ancien, inspiré des actes mêmes de Jésus, qui consiste à chasser le démon d'une personne possédée.
La journaliste Tracy Wilkinson a assisté de ses propres yeux à plusieurs exorcismes et rencontré les prêtres catholiques les plus en vue exerçant ce rituel. Ayant eu accès à de nombreuses sources privilégiées, elle livre ici une enquête rigoureuse sur l'histoire, le déclin et surtout l'actuel renouveau de l'exorcisme dans le monde. Elle révèle comment Jean-Paul II a lui-même tenté de libérer de l'emprise du diable certaines personnes en grande souffrance, puis donne la parole à des médecins psychiatres et des psychologues. En complément d'enquête, témoignages à l'appui, la journaliste Anne Mascret et Yvon Bertorello, spécialiste de l'Eglise catholique, lèvent le voile sur la situation en France où une centaine de prêtres ont le pouvoir d'exercer le rituel.
Entre la vision extrême de certains prêtres pour qui Harry Potter est l'incarnation de Satan, et une science arrogante qui veut tout expliquer sans y parvenir, la pratique de l'exorcisme fait toujours débat au sein du clergé. Ce livre, loin de tout jugement, soulève des questions troublantes sur la société, à l'heure où se multiplient les dérives des sciences occultes et autres sectes sataniques.
Tracy Wilkinson est correspondante du Los Angeles Times et chef du bureau de Rome couvrant l'Europe et les pays de la Méditerranée. Elle a dirigé de nombreuses enquêtes et reportages sur des sujets d'actualité.
Yvon Bertorello est un spécialiste des questions religieuses, en particulier de la chrétienté et de l'Eglise catholique. Il a travaillé en tant que journaliste, scénariste ou auteur pour de nombreux médias, il est notamment coauteur du documentaire Les Bénédictines de l'Abbaye St Michel de Kergonan (émission Sept à Huit sur TF1, nov. 2006) ; coauteur du documentaire exceptionnel : Le Mont Athos : La République des moines (filmé pour la première fois depuis 25 ans) diffusé sur plusieurs chaînes dans le monde en 2007.
Anne Mascret est journaliste indépendante pour de nombreux médias (l'AEF, Le Monde de l'Education...) et diplômée de Sciences Po Paris. Elle est coauteur du livre politique Ce qu'on ne vous a pas dit sur les candidats à l'élection présidentielle (Litté, février 2007).
Extrait du prologue :
Margherita semble tout à fait normale. Cette Italienne de quarante-cinq ans, blonde aux yeux bleus, a le corps mince et ferme d'une danseuse professionnelle : c'est le métier qu'elle exerce. Elle vient d'une bonne famille. Son père est chirurgien et sa mère professeur de musique. Elle parle calmement et s'exprime d'une manière intelligente. Margherita n'est pas une intellectuelle mais une personne cultivée et qui possède beaucoup de charme.
Le père Efrem Cirlini de Bologne est son exorciste.
L'Italie compte trois cent cinquante exorcistes. Le père Efrem, âgé de soixante-dix-neuf ans, est l'un des plus vieux exorcistes du pays. Il ressemble un peu au Père Noël avec sa barbe blanche abondante et son corps rondelet engoncé dans une soutane brun clair mal coupée. Il porte une ceinture de cuir épaisse autour de son ventre proéminent et une minuscule croix de bois est épinglée sur sa poitrine gauche. Margherita et le père Efrem se rencontrent toutes les semaines depuis des années, parfois pour réciter une simple prière, parfois pour pratiquer ce que tous deux décrivent comme une véritable séance d'exorcisme destinée à chasser les démons qui possèdent cette femme perturbée.
Toute comme une psychothérapie, un authentique exorcisme ne se limite pas à une seule session. Il faut parfois faire de nombreuses tentatives pour bannir le démon. Les personnes qui ont recours à ces rituels, approuvés par le Vatican, et qui ont lieu dans de nombreuses églises catholiques en Italie, y croient fermement. Il ne s'agit pas de simulacres hollywoodiens.
Lors d'une chaude matinée de fin d'été, Margherita et le père Efrem se retrouvent, comme il en a été convenu, pour l'une de leurs sessions. C'est un vendredi. Ces séances font autant partie de la routine de Margherita qu'un rendez-vous chez le dentiste ou un cours de danse. Elle franchit avec désinvolture les lourdes portes de bois de l'église San Gregorio e Siro. Cet édifice du 16e siècle, où le père Efrem pratique ses exorcismes, est situé dans une petite rue du centre de Bologne. Dehors, des voitures et des motos circulent dans cette ville réputée pour ses gouvernements communistes ainsi que pour les somptueux monuments ocre bruns de son architecture Renaissance. A l'intérieur, des vieilles femmes, vêtues uniformément de noir, murmurent des prières devant de discrètes petites chapelles et allument pieusement des cierges. Deux mondes profondément différents représentant la modernité et la tradition se côtoient. Ici, ces univers se croisent sans heurts. Une Bolognaise moderne a recours à un ancien rituel pour tenter de résoudre ses problèmes.
Le père Efrem et Margherita commencent cette séance d'une manière solennelle en récitant des prières et des bénédictions fortement rythmées. Mais soudainement Margherita se transforme en une autre personne qui laisse parfois éclater sa colère ou semble en proie à une profonde mélancolie. De sa gorge émanent des voix venues du fond de son corps et jaillissent des hurlements qui vous glacent le sang et se répercutent sous les voûtes d'une salle annexe de l'immense église médiévale.
«Padre Nostro, che sei nei cieli, sia sanctificato il tuo nome.» Ils ont d'abord récité à l'unisson le Notre Père : «Notre Père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié...»
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