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.. Indépendance cha cha

Couverture du livre Indépendance cha cha

Auteur : Anne Vallaeys

Date de saisie : 01/03/2007

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Fayard, Paris, France

Collection : Littérature française

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-213-62449-5

GENCOD : 9782213624495

Sorti le : 01/03/2007

en vente sur logo Amazon.fr Librairie Dialogues


  • Le message sonore
Un message sonore de Anne Vallaeys

Anne Vallaeys - 19/03/2007



  • Le bouche à oreille des écrivains

David Fauquemberg - 19/03/2007



  • La présentation de l'éditeur

Indépendance Cha Cha, la chanson d'espoir des Congolais de 1960, le tube des Afriques indépendantes.
Pour nous les Blancs, cette joie signifiait, mais nous l'ignorions encore, notre fuite vers l'Europe. J'avais neuf ans. Toute ma vie, par la suite, j'ai voulu écarter de mes pensées ce Congo rebaptisé Zaïre par Mobutu, le dictateur, puis République Démocratique du Congo par Laurent-Désiré Kabila, le libérateur. Mais je savais que je reverrais ma terre natale. Un jour, Médecins Sans Frontière me suggéra de réaliser un reportage à propos de l'ouverture d'un poste médical d'urgence au Kivu, à l'est du pays.
J'ai sauté le pas. J'ai parcouru deux mille kilomètres à travers les brousses et les montagnes, les rues dévastées des grandes villes. A la recherche de mes souvenirs, des odeurs, des couleurs de mon enfance. J'ai trouvé plus fort, finalement : le Congo d'aujourd'hui, où mon passé, celui des miens, s'est fondu dans l'extraordinaire énergie d'un peuple debout. Si différent des images convenues, des vains débats entre responsabilité coloniale et culpabilité.
Je vivais mes retrouvailles avec un pays inconnu, le Congo qui est mien aussi. A.V.

Anne Vallaeys publie ses romans chez Fayard. Essayiste, elle est aussi l'auteur de Médecins Sans Frontières, la biographie (prix Joseph Kessel). Cet ouvrage qui fait date a été adapté pour la télévision en 2006 sous le titre L'Aventure MSF.





  • La revue de presse Claire Devarrieux - Libération du 8 mars 2007

Les pays qu'on ne connaît pas sont comme les amis de nos amis : à force d'en entendre parler, on finit par les adopter sans les avoir jamais vus. Le récit d'Anne Vallaeys produit cet effet, il nous rend plus africains, nous avons en tête des paysages, des couleurs, des atmosphères...
Pour Anne Vallaeys, ce récit est un retour. Elle n'était pas revenue dans son pays natal depuis l'indépendance en 1960, depuis ce vendredi 8 juillet où six familles, les femmes et les enfants blancs de Mzuavi, ont quitté le district des Cataractes, et roulé jusqu'au soir afin de se réfugier chez les Portugais en Angola...
A vrai dire, ce n'est pas l'essentiel du livre. Indépendance Cha Cha (le titre vient d'une chanson, «l'hymne des décolonisations africaines») saute allégrement par-dessus les beautés délétères de la nostalgie, évite les souvenirs d'enfance, enregistre même une sorte d'échec à ressusciter les émotions d'antan. Il n'y a pas de retrouvailles, même devant la maison familiale. La véritable quête, ici, est celle du père très aimé, dont la disparition semble avoir provoqué, voire permis, le retour au Congo...
Indépendance Cha Cha est un reportage romanesque, écrit par quelqu'un du pays, une fille de broussard qui connaît de longue date «le frou-frou des chauve-souris» et «les joncs argentés aux plumets gigantesques».



  • Les premières lignes

C'était un bâtiment miniature, l'un des charmes de Bruxelles. Façade de briquettes chaulées, molletons de pélargoniums aux croisées dépourvues de voiles et de volets, une maison enfantine, aux lignes claires. Le rez-de-chaussée était éclairé par un bow-window obèse. En transparence, deux pots d'agaves aux lames vert citron, aiguës, dressées. «Salon de coiffure pour dames», indiquait l'enseigne pâlotte.
Nous accédions à l'étage par un escalier de côté, dans un clair-obscur doré entretenu par de lourds carreaux de pâte de verre brune, boursouflés, striés de dentelles forgées. Je grimpais les marches dans des effluves mêlés de shampoings, de laque cosmétique et d'encaustique.
Est-ce vraiment ce décor ? N'est-il pas plutôt le fruit des travestissements de la mémoire ? Quarante-cinq ans plus tard, me reste en tout cas cette représentation de la douceur, arc-en-ciel d'une paix retrouvée après la tempête.
Ce qui est certain - notre mère nous l'a maintes fois raconté -, c'est que les parents durent négocier pied à pied pour obtenir le contrat de location du trois-pièces meublé, après des semaines de tentatives infructueuses à courir la ville d'une agence immobilière à l'autre. Pourtant, en cet été 1960, les offres ne manquaient pas parmi les «petites annonces classées» de La Libre Belgique et du Soir. Mais allez convaincre un loueur quand vous débarquez impromptu, avec des milliers d'autres, d'un DC 7 sur le tarmac de Zaventem, chemise fripée sur le dos, quatre gosses déboussolés, agrippés à vos basques.


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