Auteur : Émilie Andrewes
Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : XYZ ÉDITEUR, Montréal, Canada
Collection : Romanichels
Prix : 19.25 € / 126.27 F
ISBN : 978-2-89261-456-5
GENCOD : 9782892614565
Que retient-on de la vie quand elle a été toute vécue et qu'il faut en dresser un bilan ? Peu de chose en réalité. Quelques pans qui brillent plus que d'autres et le sentiment que nous sommes tous comme les Rois mages : il suffit d'une étoile pour que notre vie soit changée.
En novembre 2005, l'Académie des lettres du Québec annonçait qu'Émilie Andrewes était finaliste au prix Ringuet pour son premier roman, Les mouches pauvres d' Ésope. Cette annonce confirmait qu'Émilie Andrewes, dans la jeune vingtaine, méritait toute la considération qu'on lui avait manifestée.
Son deuxième roman, Eldon d'or, renoue avec le ton du premier. Émilie Andrewes affectionne l'insolite, le surréel même. Elle résume son roman de la façon suivante : «Gratz a soixante-douze ans. Ce qui lui reste en mémoire n'est pas ce qu'il avait prévu. Il n'a qu'à observer son petit-fils Eldon qui dort sur le plancher de béton de son appartement pour que tout lui revienne en mémoire, mais sous la forme trouble d'objets et de détails. Surtout les femmes qu'il a aimées. Pour apercevoir des oies bleues qui choient du ciel à la douzaine, il lui faudra descendre dans la pénombre, dans le puits, et ramener à la lumière ce qui lui tombe sous la main, en évitant les balles perdues. Il lui reste très peu de temps. Il n'a d'autre solution que de plonger dans l'obscurité et de nager, nager au plus vite vers le point de départ.»
Émilie Andrewes est née à Montréal en 1982 et y réside. Elle a un baccalauréat en anthropologie, avec spécialisation en archéologie. Écrire et fouiller sont deux actions qu'elle n'arrive pas à départager. Son premier roman, Les mouches pauvres d' Ésope (XYZ, 2004), a été finaliste au prix Ringuet de l'Académie des lettres du Québec.
Extrait du prologue :
Je viens de croiser un oiseau mort sur le trottoir. J'ai eu envie de lui dire : «Bonjour, c'est quoi ton nom, ton numéro de téléphone ?» J'avais des coeurs dans les yeux. D'accord, ça ne t'explique pas tout. Eldon, mon petit-fils bien-aimé, je sais, je suis venu te voir hier, mais il me restait à vérifier si, par hasard, je n'avais pas oublié de fermer la lumière chez toi, en repartant. Eh bien, non ! Elle était éteinte.
Pardon, Eldon, tu dors. Comme ces enfants suspendus sur les planchers des villes. Combien y en a-t-il en ce moment, au beau milieu de l'après-midi ? Bon Dieu, Eldon, pourquoi tu dors sur le ciment ? Il y a ton lit juste à côté ! Tu as glissé par terre. Je te comprends, j'adorais cela, moi aussi, les planchers nus. Tu es bien pâle. Tu veux probablement que j'ouvre les rideaux ? Faisons entrer un peu de lumière.
Eldon d'or. Cette ville est sale. Ce n'est pas juste pour toi, Eldon noir. Si tu veux, je peux rester encore. Moi, ton grand-père, le vieux Gratz, je vais te veiller ! Dans quel effroyable songe es-tu plongé ? Ça me rappelle que j'ai déjà rêvé aux animaux sauvages. Les animaux sauvages. Les animaux sauvages avec les hommes sauvages. Les hommes sauvages avec les animaux domestiques..
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