Auteur : Alain Jessua
Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Policiers
Collection : Littérature
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-268-05691-3
GENCOD : 9782268056913
Je n'ai pas appris à aimer la lecture grâce à la comtesse de Ségur. Je dévorais en cachette, et ce, au grand désespoir de ma mère, les livres d'Agatha Christie.
J'ai eu envie pour mon troisième roman, d'écrire un polar mais évidemment à ma façon. C'est à dire que tout en restant très près de la réalité j'ai essayé d'introduire quelques éléments qui nous font entrevoir un monde différent, étrange parfois. Ici, parallèlement à une enquête rigoureuse menée après la découverte du cadavre mutilé d'un jeune médecin échoué sur la plage d'une villa de la côte varoise, un corbeau et une chatte sont les témoins puis les acteurs privilégiés, inquiétants et lucides d'un drame où s'entremêlent l'amour, l'amitié mais aussi les faiblesses et les passions de nos congénères.
Les animaux ne sont peut-être pas ceux qu'on pense !
Alain Jessua
Le cadavre d'un homme d'une quarantaine d'années s'est échoué sur la plage privée d'une villa de la côte varoise. Le capitaine Alberti est chargé de l'enquête de routine. D'après les premières analyses, il ne s'agit pas d'une noyade mais d'un empoisonnement. Le policier connaît bien cette villa, c'était celle de son meilleur ami, Antoine Dambreville, un photographe célèbre, mort quelques mois auparavant d'un infarctus. Le corps est celui de Paul Vallon, le médecin d'Antoine qui est devenu l'amant de sa jeune veuve, Véronique. A mesure que se poursuivent les investigations de plus en plus de questions se posent. Pourquoi Véronique a-t-elle aussi peur ? Pourquoi Arthur, le corbeau, et Rébecca, la chatte siamoise, qui étaient les animaux favoris du photographe, surveillent-ils avec tant d'obstination le déroulement de l'enquête ?
Un thriller philosophique dans lequel Alain Jessua, visionnaire dans ses romans comme dans ses films, traite des relations ambiguës et intrigantes entre les hommes et les animaux.
Alain Jessua a été de 1952 à 1960 assistant réalisateur de Jacques Becker, Yves Allégret, Marcel Carné et Max Ophüls. Il devient rapidement cinéaste lui-même, Traitement de choc (1973), Armaguedon (1977), Les chiens (1979), Paradis pour tous (1982), En toute innocence (1988), Les couleurs du diable (1996). Également écrivain, il est l'auteur de romans publiés chez Jean-Claude Lattès, Crève-coeur (1999) et Ce sourire-là (2003).
«D'accord, si tu y tiens. D'accord, je vais tout te dire. Ne me raconte pas de blagues. Tu en sais presque autant que moi. Oui... Oui, il y a cette pauvre Rébecca et tu t'en occupes comme une vraie mère. Pas de chantage, je te prie. Si je parle c'est que, moi aussi, j'en ai besoin. Quoi ? Tu vas tout noter ! Bon. Si ça peut te faire plaisir. Un an déjà, le paradis et l'enfer. Ah, ne m'interromps pas ! Laisse-moi au moins dire les choses comme j'ai envie de les dire...
Le paradis, la fin du printemps, sept heures et demie. Le soleil se couchait lentement au bout de la crique dans une lumière dorée. L'heure «sublime», comme disait Antoine. C'est qu'il m'en a appris des choses, Antoine : la photo évidemment, puisque c'était son métier. Mais sans lui et Jeanne, jamais je n'aurais compris ni la musique, ni la peinture, ni même la vie des animaux grâce à la télé, ni tous ces raffinements du monde civilisé. Maintenant il va falloir que j'apprenne à m'en passer. Depuis qu'ils m'avaient accueilli, je vivais la plupart du temps avec eux dans cette belle villa de la côte des Maures. Presque chaque soir, on se retrouvait tous les quatre : Jeanne, Antoine, Rébecca et moi. Ils prenaient leur apéritif sur la terrasse qui dominait la Méditerranée...»
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