Passion du livre - tout sur le livre : La seule plage du nord exposée au midi : souvenirs d'enfance
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_ La seule plage du nord exposée au midi : souvenirs d'enfance

Couverture du livre La seule plage du nord exposée au midi : souvenirs d'enfance

Auteur : Florence Delacampagne

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : C. Chomant, Rouen, France

Collection : De sable et d'eau

Prix : 12.00 € / 78.71 F

ISBN : 978-2-84962-027-4

GENCOD : 9782849620274

en vente sur logo Amazon.fr Librairie Dialogues


  • La dédicace de l'auteur

Je suis couchée dans mon lit, chambre éteinte, la porte entrouverte sur le couloir resté allumé. Enervée, je n'arrive pas à m'endormir et me retourne d'un côté, de l'autre, en vain. Ma mère me conseille de penser à quelque chose d'agréable en attendant le sommeil. Instantanément je suis là-bas, sur la plage, avec tous les moments heureux des dernières vacances ou ceux que j'imagine pour l'été prochain. Je m'endors des images fortes devant les yeux.

Il y a quelques mois, un enfant qui se réveille la nuit au milieu de mon sommeil, et une insomnie qui s'installe, tenace. Je me remémore alors le conseil de ma mère presque quarante ans plus tôt et m'amuse même d'employer tant d'années après ce stratagème d'enfant.
Mais très vite dans ma tête les souvenirs affluent, nombreux, précipités, m'explosant au visage comme trop longtemps contenus, trop profondément enfouis. J'y pense comme dans mes rêves, en 3 dimensions. Mes souvenirs sont précis, en couleur, détaillés. Les images foisonnantes d'abord pêle-mêle, s'organisent, se mettent en place et j'en arrive à me faire à moi-même le récit de ces vacances si inoubliables.
Le récit se fixe dans mon esprit, je me surprends à corriger un terme, un verbe, pour être plus fidèle et mieux retranscrire une ambiance, un sentiment.
Je ne peux plus du tout me rendormir. L'évocation est si forte, si envahissante qu'elle en devient obsessionnelle. Je dois l'écrire pour vider ma tête et faire ressurgir de mon corps d'adulte, une petite fille à la mémoire intacte et aux souvenirs éblouis.

Florence Delacampagne



  • La présentation de l'éditeur

Le Crotoy dans les années 1960 : sa plage, son chenal et ses maisons rouillées ; les leçons de natation, le 14 juillet et les jeux de plage... Tout l'imaginaire et les anecdotes de nos vacances d'enfance au bord de la mer, concentrés dans ces délicieux souvenirs d'une petite fille amoureuse de son littoral.

Florence Delacampagne est née au début des années 1950 à Boulogne-Billancourt. Archéologue médiéviste, elle est aujourd'hui responsable du Service Départemental d'Archéologie du Calvados. Cette caennaise, mère de quatre enfants, a passé ses vacances d'enfance au Crotoy, dans la Somme, d'où elle a puisé matière à ces souvenirs de La seule plage du nord exposée au midi.





  • Les premières lignes

Nous partons demain. Cette année, j'ai de nouveaux slips de bain en éponge de couleur - un blanc, un vert, un bleu. Il faut plusieurs changes ; on ne peut pas compter sur le soleil pour se sécher après le bain. J'aime bien ces nouveaux slips de bain.
Je ne participe pas vraiment aux préparatifs du départ -je suis trop petite.
On sort la cantine du grenier. C'est une malle en tôle, vert bouteille, dans laquelle ma mère va entasser le gros linge, les draps, nappes, torchons pour la maison, et les grandes serviettes de bain pour la plage, que l'on n'utilise jamais dans l'année. Dans le grenier, il y a aussi les épuisettes pour la pêche à la crevette et les pelles et râteaux en fer.
Je vais me coucher car nous partons tôt le lendemain matin. Mais je suis trop excitée pour dormir ; j'entends ma mère aller et venir, finir les valises, repasser les derniers vêtements jusque tard dans la nuit.
Je pense à mes retrouvailles avec Marc, aux jeux que nous allons reprendre, naturellement, comme interrompus la veille.
Cantine et épuisettes sont installées sur la galerie. Cette année, nous avons une 403 noire.
Le voyage me paraît long. Nous avons pris un cachet amer de Nautamine contre le mal de coeur.
Le voyage ne devient vraiment réel que lorsque nous nous arrêtons pour déjeuner à Poix, comme tous les ans dans le même restaurant.


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