Passion du livre - tout sur le livre : Une histoire de bleu ; l'instinct de ciel
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_ Une histoire de bleu ; l'instinct de ciel

Couverture du livre Une histoire de bleu ; l'instinct de ciel

Auteur : Jean-Michel Maulpoix

Date de saisie : 03/03/2010

Genre : Poésie

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Poesie Gallimard

Prix : 6.50 € / 42.64 F

ISBN : 9782070308309

GENCOD : 9782070308309

Sorti le : 08/11/2005

en vente sur logo Amazon.fr Librairie Dialogues


  • Le message sonore

«QUI VIVE ?

Cette question, reprise par Jean-Michel Maulpoix pour sa première revue au début des années 80, est révélatrice d'une oeuvre en éveil, d'un affût du vivant. Non pas tant face à l'Histoire que face à l'intime, l'intérieur, même «lointain», selon le titre de Michaux. Jean-Michel Maulpoix est né en 1952 ; il avait donc dix ans en 1962 et seize ans en 1968. On sait depuis les romantiques la difficulté d«être né trop tard dans un monde trop vieux». Mais aucune nostalgie épique chez Maulpoix : bien plutôt un recentrement de la poésie sur ce qui vibre encore de vif dans un monde sans idéal sinon celui, persistant, de l'amour et de la beauté. Une histoire de bleu date de 1992, L'instinct de ciel, de 2000. Ces oeuvres de la maturité succèdent à des volumes de poésie et d'essais; à huit ans de distance, les deux titres se font écho dans leur questionnement du bleu, du blues, face à l'immense de la mer ou du ciel. Ce n'est pas là pur oubli de la terre, juste un lucide constat d'une marée basse de l'Histoire : «Pas de vagues, surtout pas de vagues, se répètent ceux qui les gouvernent. Il faut tenir jusqu'au printemps. Mais le printemps ne viendra plus. C'est l'hiver. On attend la neige» (IC, p. 155). Ou bien, «La comédie humaine récite avec des couacs sa monotone histoire aux terrasses des cafés et sur les bancs publics de partout» (IC, p. 153). «Grise est la demeure du présent» (HB, p. 69). Dès lors, l'écriture va se fixer sur la persistance fragile de vivre à travers les amours et les morts, le quotidien simple des «journaux du soir» ou du «carnet d'un éphémère». On aurait cependant tort de penser à une poésie narcissique : si le «je» est présent, il est diffracté à travers d'autres figures : tu, il on, nous... Ce mouvement dans l'énonciation est une des structures d'Une histoire de bleu. Le poète se détache des hommes autant qu'il se confond dans leur humanité sans gloire, mais désireuse de beauté. La poésie de Maulpoix tient aussi bien à l'aveu des défaites, des bleus à l'âme, qu'a sa résistance instinctive au nihilisme. Autrement dit, c'est une oeuvre qui touche par ses tensions internes et sa capacité de sourdine. A kind of blue.»

Extrait de la préface d'Antoine Émaz



  • La dédicace de l'auteur

Faute de pouvoir offrir des mots comme on offre des chocolats ou des fleurs, on les dédie. Et de préférence à quiconque : à des inconnus de passage, un soir, en quelque librairie où l'auteur est venu "signer"... ou, comme ici, aux visiteurs curieux de découvrir la dédicace qui leur est destinée...
Ce mot de "dédicace" me rappelle ce que le profane Paul Valéry écrivait à son ami André Gide en novembre 1891 : "Dédier ! c'est un blanc geste qui dit "Ceci est à Vous, oeuvre de mes doigts, mangez et buvez, nous communions." N'y a-t-il pas en effet quelque chose de "religieux" en ce don, ce désir de partage d'une parole écrite ?
Voici des fruits, des fleurs, et puis voici, pour vous, un peu de bleu...
Entrer dans le bleu... dans ce regard étrangement fasciné que chacun pose sur le ciel ou sur la mer... les yeux que l'on pourrait croire tournés vers le dedans ou vers nulle part... tel est l'objet ou le propos de ce livre.
Pour dire ce bleu insaisissable ("L'instinct de ciel en chacun de nous", comme l'écrivait Mallarmé), il fallut en cadrer les nuances dans de brèves proses lyriques et réflexives, propres aussi bien à l'analyse qu'à la célébration. Il fallut donner à entendre une espèce de blues où l'intime et l'impersonnel se mêlent. C'est là ce que j'appelle parfois un "lyrisme critique"... Mais Antoine Emaz, qui a rédigé une excellente préface, explique cela beaucoup mieux que moi...
Je vous dédie quelques taches d'encre au bout des doigts.

Jean-Michel Maulpoix



  • La présentation de l'éditeur

«Une histoire de bleu date de 1992, L'instinct de ciel, de 2000. Ces oeuvres de la maturité succèdent à des volumes de poésie et d'essais ; à huit ans de distance, les deux titres se font écho dans leur questionnement du bleu, du blues, face à l'immense de la mer ou du ciel. Ce n'est pas là pur oubli de la terre, juste un lucide constat d'une marée basse de l'Histoire : "Pas de vagues, surtout pas de vagues, se répètent ceux qui les gouvernent. Il faut tenir jusqu'au printemps. Mais le printemps ne viendra plus. C'est l'hiver. On attend la neige." Ou bien : "La comédie humaine récite avec des couacs sa monotone histoire aux terrasses des cafés et sur les bancs publics de partout". "Grise est la demeure du présent". Dès lors, l'écriture va se fixer sur la persistance fragile de vivre à travers les amours et les morts, le quotidien simple des "journaux du soir" ou du "carnet d'un éphémère".On aurait cependant tort de penser à une poésie narcissique : si le "je" est présent, il est diffracté à travers d'autres figures : tu, il, on, nous... Ce mouvement dans l'énonciation est une des structures d'Une histoire de bleu. Le poète se détache des hommes autant qu'il se confond dans leur humanité sans gloire, mais désireuse de beauté. La poésie de Maulpoix tient aussi bien à l'aveu des défaites, des bleus à l'âme, qu'à sa résistance instinctive au nihilisme. Autrement dit, c'est une oeuvre qui touche par ses tensions internes et sa capacité de sourdine. A kind of blue.» Antoine Émaz.





  • La revue de presse Monique Petillon - Le Monde du 6 janvier 2006

Quelque chose d'ailé traverse les livres de Jean-Michel Maulpoix : ses recueils, et les essais, subtils et érudits, qu'il a consacrés au lyrisme - La Voix d'0rphée (1989), Du lyrisme (2000), Le Poète perplexe (2002), tous chez José Corti. Directeur de la revue Le Nouveau Recueil, auteur d'ouvrages sur Michaux, Réda et Char, Maulpoix a composé 18 recueils de prose poétique, de Locturnes (Lettes nouvelles/Maurice Nadeau, 1978) à Précis de théologie à l'usage des anges (Fata Morgana, 1988), de Portrait d'un éphémère à Pas sur la neige (Mercure de France, 1990 et 2004).

Les deux recueils réunis dans ce volume apparaissent d'abord comme des variations sur le bleu, celui de la mer, du ciel : plutôt qu'une couleur, une tonalité, un climat, une transparence. En exergue d'Une histoire de bleu (1992), une phrase de Rilke - "On pourrait imaginer que quelqu'un écrivît une histoire du bleu" -, et une autre, de saint Augustin. Quant à Un instinct de ciel (Mercure de France, 2000) : une citation, à laquelle le titre fait écho, place le livre sous le signe de Mallarmé.

Deux livres que rapproche un lien explicite : "Je consacrai naguère un petit opuscule au filigrane bleu de l'âme. A la force d'aimantation du large, nos stations prolongées sur les quais, les yeux vers quels lointains tournés ? Nous rêvions d'autre chose, inexorablement./ Ce n'était pas d'Azur diaphane que je parlais : loin des cieux éthérés, toute l'épaisseur et la substance, en nous, de cet instinct de ciel, sa manière par exemple de respirer l'odeur de sel, d'aller pleurer au cinéma, ou de choisir l'hiver, pour la tiédeur, des pulls et des chemises..."



  • Les premières lignes

Extrait de la préface d'Antoine Émaz

«QUI VIVE ?

Cette question, reprise par Jean-Michel Maulpoix pour sa première revue au début des années 80, est révélatrice d'une oeuvre en éveil, d'un affût du vivant. Non pas tant face à l'Histoire que face à l'intime, l'intérieur, même «lointain», selon le titre de Michaux. Jean-Michel Maulpoix est né en 1952 ; il avait donc dix ans en 1962 et seize ans en 1968. On sait depuis les romantiques la difficulté d«être né trop tard dans un monde trop vieux». Mais aucune nostalgie épique chez Maulpoix : bien plutôt un recentrement de la poésie sur ce qui vibre encore de vif dans un monde sans idéal sinon celui, persistant, de l'amour et de la beauté. Une histoire de bleu date de 1992, L'instinct de ciel, de 2000. Ces oeuvres de la maturité succèdent à des volumes de poésie et d'essais; à huit ans de distance, les deux titres se font écho dans leur questionnement du bleu, du blues, face à l'immense de la mer ou du ciel. Ce n'est pas là pur oubli de la terre, juste un lucide constat d'une marée basse de l'Histoire : «Pas de vagues, surtout pas de vagues, se répètent ceux qui les gouvernent. Il faut tenir jusqu'au printemps. Mais le printemps ne viendra plus. C'est l'hiver. On attend la neige» (IC, p. 155). Ou bien, «La comédie humaine récite avec des couacs sa monotone histoire aux terrasses des cafés et sur les bancs publics de partout» (IC, p. 153). «Grise est la demeure du présent» (HB, p. 69). Dès lors, l'écriture va se fixer sur la persistance fragile de vivre à travers les amours et les morts, le quotidien simple des «journaux du soir» ou du «carnet d'un éphémère». On aurait cependant tort de penser à une poésie narcissique : si le «je» est présent, il est diffracté à travers d'autres figures : tu, il on, nous... Ce mouvement dans l'énonciation est une des structures d'Une histoire de bleu. Le poète se détache des hommes autant qu'il se confond dans leur humanité sans gloire, mais désireuse de beauté. La poésie de Maulpoix tient aussi bien à l'aveu des défaites, des bleus à l'âme, qu'a sa résistance instinctive au nihilisme. Autrement dit, c'est une oeuvre qui touche par ses tensions internes et sa capacité de sourdine. A kind of blue.»


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