Passion du livre - tout sur le livre : La possibilité d'une île
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_ La possibilité d'une île

Couverture du livre La possibilité d'une île

Auteur : Michel Houellebecq

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Fayard, Paris, France

Collection : Littérature

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-213-62547-8

GENCOD : 9782213625478

en vente sur logo Amazon.fr Librairie Dialogues


  • La présentation de l'éditeur

Qui, parmi vous, mérite la vie éternelle ?





  • La revue de presse Jacques-Pierre Amette - Le Point du 18 août 2006

Houellebecq nous propose un roman d'anticipation avec secte, apocalypse nucléaire, clones râleurs, nostalgie du grand amour, méditations transcendentales, prophète, manipulations génétiques et sexe machine. Avis de forte dépression. [...]

Ce livre écrit avec cérémonie, sentencieux, à vide, n'est bon qu'à nous gâter un ou deux après-midi, à nous faire lever fatigué, à nous priver de l'agrément de dire des bêtises, de deviser du train du monde dans un beau jardin, en compagnie de jeunes femmes fraîches, avec des formules heureuses. Le roman refermé, on a envie d'Italie, de frivolité, d'amusement, de Woody Allen, de comédie, d'été, de paysages à charmilles, de conversations harmonieuses, de courtoisie entre hommes et femmes, de secrets, de respect, de platanes, de couleurs, de bals, de cartes à jouer, de dentelles, d'escarpolette, de longs firmaments.


  • La revue de presse Daniel Rondeau - L'Express du 22 septembre 2005

La Possibilité d'une île est l'histoire d'un humoriste, cinéaste à ses heures, Daniel, qui adhère à la secte des Elohims (voir L'Express n° 2824). Deux mille ans plus tard, les néo-humains perpétuent l'ancienne race humaine. Le livre est composé d'une autobiographie de Daniel, entrecoupée des commentaires des 23 clones de sa lignée.

L'ensemble forme un récit apocalyptique qui parle d'un temps où tous les «mauvais instincts» de l'homme sont devenus des valeurs sûres. L'Occident, fasciné par le cynisme et le mal sous toutes ses formes, s'est transformé en royaume de la vulgarité, du sexe et de l'argent... Ce mélange de mépris et de dépression explique pourquoi le livre semble se dérober au jugement et pourquoi il produit cette attirance, notre société étant bien en partie celle que décrit l'auteur, à la fois cynique et très lasse, avec une forte tendance au masochisme... L'auteur a du talent, un savoir-faire très sûr, particulièrement dans la saisie des détails, un sens du marketing intégré à son récit (les réseaux porteurs), mais sa langue est bien terne et ses propos sur la médiocrité et la solitude n'échappent ni au charabia, ni à la mièvrerie, ni, surtout, à l'ennui...


  • La revue de presse Claude Allègre - L'Express du 15 septembre 2005

... Je précise tout de suite que je ne déteste pas les livres de Houellebecq. Outre le style, plaisant, il décrit des situations et développe des thèmes qui ne me paraissent pas fondamentalement inexacts, même si son message n'est guère réjouissant. Certes, il pourrait se dispenser d'instiller quelques mots crus incongrus au détour d'un raisonnement qui se veut philosophique, ce qui n'apporte rien. Jésus-Christ utilisait sa bite pour pisser, et après ? Les phrases provocatrices à l'emporte-pièce sur les femmes, l'islam, Hitler, les homosexuels atteignent souvent la bêtise, voire l'horreur. Je lui sais gré, bien sûr, d'intégrer le savoir scientifique dans la culture, non sans talent, même si sa vision de la science est celle de quelqu'un qui l'a apprise.

Lorsqu'il affirme que la science a toujours raison contre la littérature, puis-je lui dire que ce n'est pas si sûr et que, en ce qui concerne la poésie, c'est sûrement faux ?...


  • La revue de presse Michel Abescat - Télérama du 7 septembre 2005

Avant d'être un phénomène médiatique, Michel Houellebecq est d'abord un auteur. Il le prouve avec La Possibilité d'une île, un roman convaincant, portrait âpre et drôle d'une civilisation en déshérence... La Possibilité d'une île est un texte passionnant. Discutable, ô combien, révoltant souvent, mais incontestablement ambitieux, âpre et drôle, malgré la noirceur de son propos, témoin aigu des mensonges de l'époque et de la décomposition sociale et morale de notre civilisation...

Comment ne pas le prendre en grippe, Michel Houellebecq ? Son nom partout en caractères d'affiche. Le «phénomène Houellebecq», le «mystère Houellebecq», l'«événement Houellebecq» en piles serrées à faire craquer les kiosques. Son masque flou de dandy épuisé en embuscade à tous les coins de rue. Tous ces dossiers, ces couvertures, ces numéros spéciaux, indifférents à force de mimétisme. Et la biographie de Houellebecq, l'essai sur Houellebecq, le pamphlet anti-Houellebecq comme autant de métastases d'une déprimante opération de promotion en forme de piège impitoyable : comment parler du nouveau livre de Michel Houellebecq, La Possibilité d'une île, sans participer soi-même au tintamarre ?... Organisé autour du «récit de vie» de Daniel1, «central et canonique», chapitré à la manière des Psaumes ou des Evangiles, «Daniel1, 17» ou «Daniel25, 8», le roman de Michel Houellebecq distille pourtant un infime espoir qui lui donne, malgré ses contradictions, la dimension d'une quête mystique. Celle d'un monde, si restreint soit-il, où l'espérance et l'amour pourraient encore trouver une place. La possibilité d'une île.


  • La revue de presse Jean-Baptiste Harang - Libération du 1er septembre 2005

... La Possibilité d'une île aura du succès, des traductions sont prévues, vers trente-six langues, les polémiques ont précédé sa mise en place, ourdies par ceux qui en tireront bénéfice, d'autres que ça agace, et reprises par de pures âmes qui n'avaient pas encore lu le texte. La Possibilité d'une île aura du succès : ça parle de cul, entre autres. Le titre est assez joli, il dit, contre le cours du livre, que, quelle que soit la mer (la mère, la mort) où l'on se noie, reste toujours la possibilité d'une île, il le dit en chantant quand les neuf dixièmes du roman sont derrière le lecteur assommé d'ennui et de désolation :

«Entré en dépendance entière,

Je sais le tremblement de l'être

L'hésitation à disparaître,

Le soleil qui frappe en lisière

Et l'amour où tout est facile,

Où tout est donné dans l'instant ;

Il existe au milieu du temps

La possibilité d'une île», page 433.

On écrit «le lecteur assommé d'ennui et de désolation», entendons-nous bien : ce n'est pas pour dire que le livre est assommant, ennuyeux et désolant, non, pas seulement, au contraire, on veut dire que l'ennui et la désolation sont des thèmes principaux du roman et que l'auteur y excelle, au risque d'assommer un peu. Il faut dire qu'un bon livre sur l'ennui, pour être efficace se doit d'être un poil trop long, ici, à deux doigts des cinq cents pages, c'est parfait...


  • La revue de presse Franck Nouchi - Le Monde du 2 septembre 2005

Lire Houellebecq, enfin. Se concentrer sur son dernier roman, La Possibilité d'une île, faire abstraction de l'effervescence médiatique, des polémiques, de l'"affaire". Revenir aux mots, aux phrases, au livre. A l'essentiel.

Voici donc Daniel 1, le héros du roman, sorte d'auteur comique à succès, dont le sommet de la carrière, médiatiquement s'entend, fut le spectacle "On préfère les partouzeuses palestiniennes". Sa compagne, Isabelle, lui ayant dit qu'un "soupçon d'antisémitisme destiné à contrer le caractère globalement antiarabe du spectacle" ne ferait pas de mal à son show, il a eu l'idée d'ajouter une parodie de film porno joliment intitulé Broute-moi la bande de Gaza (mon gros colon juif). Ce sympathique personnage s'était fait des oeufs à la tomate le jour du suicide de son fils. "Je n'avais jamais vraiment aimé cet enfant, confie Daniel 1 : Il était aussi bête que sa mère, et aussi méchant que son père. Sa disparition était loin d'être une catastrophe ; des êtres humains de ce genre, on peut s'en passer." Au bout de cinquante pages, la cause semble entendue : Houellebecq va nous infliger une nouvelle provocation aussi scabreuse qu'ennuyeuse... Et puis voici que tout change, l'angle s'élargit, l'ouvrage s'épaissit, prend de l'ampleur à mesure que sa structure se complexifie. Pire : on s'attache à Daniel 1. On est ému, on rit parfois, et l'on se dit qu'il va sans doute falloir l'admettre : La Possibilité d'une île est un bon roman, sans doute le plus maîtrisé qu'ait écrit Houellebecq à ce jour... Roman d'anticipation autant que de mise en garde, La Possibilité d'une île est aussi une réflexion sur la puissance de l'amour... Voilà, c'est fini, le livre est refermé, Houellebecq a gagné son pari. Daniel, Marie, Esther, tous les personnages sont encore là, étonnamment présents ; vite vient l'envie d'en parler, de comparer sa propre lecture à celle des autres. S'il est des livres que l'on a envie de garder pour soi, avec soi, profondément, il n'en est décidément rien avec ceux de Houellebecq ; comme s'ils offraient, à chaque fois, la possibilité d'une confrontation.


  • La revue de presse Olivier Le Naire - L'Express du 15 aôut 2005

Qui, parmi vous, mérite la vie éternelle ? Pour explorer cette question, sur laquelle ouvre son nouveau roman, Michel Houellebecq a écrit 488 pages souvent provocantes, parfois écoeurantes, toujours intelligentes, qui, à elles seules, auraient suffi à constituer l'événement de cette rentrée littéraire. Dommage que La Possibilité d'une île donne lieu à toutes sortes de manipulations médiatiques... qui n'auront finalement servi qu'à brouiller les pistes. Car, derrière le phénomène de foire éditoriale, derrière la machine à gagner des millions qu'est devenu Houellebecq, il y a un auteur dont seuls les livres devraient compter. Et le reste n'est qu'anti-littérature. Pour ceux qui connaîtraient encore mal le bonhomme, rappelons que Houellebecq, même s'il joue volontiers les Droopy de service, n'écrit pas pour distraire son monde, mais bien pour annoncer les mauvaises nouvelles. Par exemple, la fin prochaine de l'humanité telle qu'on la connaît actuellement, et qu'il décrit par le menu dans ce nouveau roman. Au cours du XXIe siècle, donc, une secte promettant l'immortalité à ses membres a fini par supplanter les religions traditionnelles, déjà mal en point. Face à une société qui refuse de vieillir et de souffrir, à la frustration sexuelle, à la «mort de Dieu» et à la débine du monde, les adeptes ont besoin d'espérance. Et chacun d'entre eux, avant son suicide volontaire lorsqu'il se sent devenir vieux, donne un échantillon d'ADN et un «récit de vie» afin d'être cloné, un jour, en néohumain. Quand, à son tour, ce clone a passé la cinquantaine, lui aussi se suicide pour laisser la place à un successeur, obtenu sans fécondation ni mère porteuse. Car, chez Houellebecq, les néohumains n'ont plus besoin de nourriture ni d'appareil locomoteur. Ils viennent sur terre directement à l'âge de 18 ans, sans avoir eu d'enfance, fabriqués à partir d'un mélange de gaz et de molécules. Ils vivent seuls, ne connaissent ni la souffrance ni les sentiments, ignorent quasiment la sexualité. Et attendent patiemment l'arrivée des Elohims, extraterrestres porteurs d'éternité. Une fiction en grande partie inspirée par la secte des raéliens, qui fit parler d'elle en 2003 lorsqu'elle prétendit avoir créé le premier clone humain... Bref, une mise en question radicale de la société dans son ensemble qui, curieusement (quoique...), épargne plutôt les raéliens. De quoi, en tout cas, entretenir procès et polémiques pendant trois mois pour rester dans l'actualité jusqu'à la date du Goncourt.

Impossible, pourtant, de réduire le livre à ces provocations strictement sans intérêt si elles étaient gratuites. Car l'ambition de Houellebecq est de prendre à son propre piège une société qu'il juge monstrueuse, déliquescente, insauvable. Désespérante et désespérée. D'où le projet d'en démonter les ressorts et la logique, perverse jusqu'à l'absurde... Houellebecq accomplit donc à sa manière - hautement discutable - sa tâche d'écrivain en promenant son miroir sur les routes cabossées de la modernité. Et en appuyant là où ça fait vraiment mal... Houellebecq affine aussi, avec ce livre, son impitoyable autoportrait et alimente sa sulfureuse «légende», comme si lui-même voulait s'inventer un clone. Un clone pensé et réfléchi, dûment corrigé et rectifié... ses inconditionnels ont beau voir en lui le nouveau Céline, il n'a de l'auteur du Voyage que la violence, la désespérance, la lucidité. Pas cette puissance, cette singularité stylistique qui font la différence des plus grands. Officiellement, la platitude de l'écriture serait chez Houellebecq un choix assumé - une marque d'époque. Or on a plutôt l'impression qu'il cherche encore son style...


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