Auteur : Eloy Romero-Munoz
Date de saisie : 04/02/2012
Genre : Education, Pédagogie
Editeur : Presses universitaires de Namur, Namur, Belgique
Prix : 5.00 € / 32.80 F
ISBN : 978-2-87037-747-5
GENCOD : 9782870377475
Sorti le : 23/12/2011
L'enseignement des langues n'est pas performant en Belgique francophone. Ce constat est posé par une majorité des acteurs de notre système éducatif, du ministre aux parents d'élèves en passant par les professeurs de langues, et confirmé par les résultats aux tests PISA. Cependant, peu d'initiatives voient le jour pour que la situation change. L'auteur de ce pamphlet commence par s'interroger sur le rôle que joue encore, à l'heure actuelle, notre système éducatif : lieu d'apprentissage ou garderie ? Sur base de ses recherches en didactique des langues modernes, l'auteur propose ensuite des solutions pragmatiques pour que le cours de langues cesse d'être considéré uniquement comme un lieu de formatage pour devenir un lieu d'apprentissage.
Eloy Romero-Munoz : licencié en langues et littératures germaniques (anglais / néerlandais), assistant aux Facultés universitaires de Namur, doctorat de linguistique appliquée (LLG) en cours.
C'est une évidence pour tout un chacun. L'enseignement des langues est un échec pour la plupart de nos enfants. Dès lors pourquoi continuer sur cette voie ? Il serait préférable, et sans doute plus efficace, de consacrer l'argent du coût de l'organisation des cours de langues et de la formation des professeurs à des séjours en immersion dans le(s) pays dont on apprend la langue. C'est bien connu, rien de tel que d'aller sur place pour ne pas faire du sur place ! On ferait ainsi d'une pierre quatre coups. En effet, supprimer les cours de langues c'est aussi résoudre le problème de la pénurie de professeurs qualifiés et de la surpopulation des classes, tout en dynamisant le secteur du tourisme qui, on l'oublie parfois, emploie plus de personnes que la sidérurgie en Wallonie par exemple. Et, au-delà de ces avantages indéniables, on soulagerait évidemment les nombreux étudiants et parents «qui ne savent pas suivre» (je laisse la liberté à chacun d'interpréter cette dernière affirmation).
CQFD.
Ce que je viens d'écrire, je dois l'admettre, je l'ai parfois pensé tout bas, voire formulé ouvertement au cours d'une conversation animée. Il s'avère que ce genre de discours, bien que relevant de la caricature, constitue un prologue intéressant pour discuter des vrais problèmes de l'enseignement des langues ici et ailleurs et, par la même, de tenter de proposer des solutions.
Et pourtant je maintiens le titre. Oui, supprimons les cours de langues ! Ou plutôt, si c'est pour poursuivre sur cette voie, avec ce type d'enseignement, alors oui, arrêtons les frais au sens propre et au sens figuré. Il serait donc peut-être plus juste d'écrire : il faut supprimer les cours de langues tels qu'on les donne à l'heure actuelle. Ce point de vue peut paraître radical, mais à l'heure de la rationalisation, des économies, je ne vois aucune raison de maintenir tel quel un système si peu performant. Les progrès de nos étudiants sont tout simplement insuffisants par rapport à l'investissement économique et humain.
Par contre, comme je tenterai de le démontrer ci-après, je crois en l'enseignement des langues, mais en me démarquant clairement de ce que l'on fait actuellement.
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