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.. De l'école normale au Pôle régional des savoirs

Couverture du livre De l'école normale au Pôle régional des savoirs

Auteur : Jérôme Decoux | Claire Etienne | Emmanuelle Real

Date de saisie : 05/02/2012

Genre : Urbanisme

Editeur : Point de vues, Bonsecours, France

Collection : Patrimoine et territoire

Prix : 8.00 € / 52.48 F

ISBN : 9782953695755

GENCOD : 9782953695755

Sorti le : 16/01/2012

en vente sur logo Amazon.fr Librairie Dialogues


  • La présentation de l'éditeur

Le Pôle Régional des Savoirs de la Région Haute-Normandie occupe un lieu riche de cinq siècles d'histoire. Ce site, d'abord implanté dans un territoire rural peu à peu urbanisé, est aujourd'hui au coeur de la première agglomération urbaine régionale.
Depuis le XVIe siècle, s'y sont succédés une cour plantée, l'enclos des "trois Cochons", le manoir de Saint-Yon, puis une maison de campagne pour les religieuses de Saint-Amand. Au XVIIIe siècle, il accueille l'institution et le pensionnat dirigés par Jean-Baptiste de la Salle, fondateur des Frères des écoles Chrétiennes et initiateur de méthodes d'enseignement innovantes. Les bâtiments du couvent fermé à la Révolution servent un temps d'arsenal, puis de dépôt de mendicité. Au début du XIXe siècle, on y construit un des premiers asiles d'aliénés conçu selon les théories d'Esquirol. Enfin, au début de la Troisième République, après le déménagement de l'asile Saint-Yon à Quatre-Mares, l'architecte Lucien Lefort réalise la nouvelle École normale d'instituteurs du département de Seine-Maritime. Aujourd'hui propriété de la Région, les bâtiments réhabilités accueillent le Pôle Régional des Savoirs.

L'inventaire général du patrimoine culturel, mission de la Région Haute-Normandie, recense, étudie et fait connaître le patrimoine artistique du territoire. La collection "Patrimoine & Territoire" vous invite à en découvrir les multiples aspects.





  • Les premières lignes

LA MAISON SAINT-YON

Situé à l'intérieur de la boucle de la Seine à Rouen, rive gauche, le quartier aujourd'hui connu sous le nom de Saint-Yon était encore au XVIe siècle un territoire rural, dépendant du faubourg Saint-Sever. C'est là que, vers 1515, était situé "l'Enclos des Cochons" ou des "Maisons cornues", le long de la route qui va de l'église Saint-Sever à Petit-Couronne en desservant le prieuré Saint-Julien du Petit-Quevilly (actuelle rue Saint-Julien). Cette parcelle de terre close de murs était à égale distance du prieuré de Bonne-Nouvelle au nord et de l'église paroissiale Saint-Sever au nord-est. Simple verger ou déjà manoir, l'enclos prend ensuite le nom d'un de ses propriétaires, le chanoine Le Lieur, sieur de Hauteville. L'acte de vente en 1595 au poète Philippes Desportes (1546-1606), abbé de Bonport, décrit ainsi "le manoir de Hauteville consistant en maison, enclos et pourpris avec une volière à pigeons sur la porte du jardin et une chapelle renfermant des objets précieux, des tables de marbre, des vitraux, des vases et autres ornements". Eustache de Saint-Yon acquiert le manoir en 1604, lui donne son nom et y fonde une chapelle dédiée à son saint patron. En 1615, Georges Langlois, trésorier général à Rouen, achète le manoir de Saint-Yon consistant en un "pavillon couvert en ardoise avec plusieurs autres corps et étages, jardins, chapelle, volière, dosage, terres labourables, le tout enclos de murs de bloc". L'acte de vente en 1654, à Guillaume Boyvin, conseiller au Parlement signale "plusieurs corps de logis, pavillons couverts d'ardoise, granges, écuries, pigeonniers, jardins enclos contenant quatre acres". En 1670, Marguerite de Barentin met à disposition des bénédictines de l'abbaye royale de Saint-Amand de Rouen une partie du domaine pour en faire une maison de campagne pour religieuses "fatiguées". En 1705, l'archevêque de Rouen, Jacques-Nicolas Colbert, leur en interdit la jouissance à cause des "promenades trop fréquentes", libérant ainsi le manoir. Celui-ci appartient alors à Anne de Souvré, veuve de Michel Le Tellier, marquis de Louvois, comme héritière de sa mère Marguerite de Barentin.

Cette même année 1705, l'archevêque et le premier président du Parlement, Nicolas Pierre Camus de Pontcarré, "dans le désir de remédier à l'ignorance qui régnait parmi les pauvres de la ville, dont les enfants ne pouvant aller dans les écoles ordinaires demeuraient errants et vagabonds dans les rues", font appel à Jean-Baptiste de la Salle, "prêtre, docteur en théologie, général des Frères des écoles Chrétiennes". En effet, celui-ci a fondé en 1691 l'institut des Frères de la Doctrine chrétienne à Paris afin d'enseigner gratuitement aux enfants pauvres. Anne Le Tellier loue aux religieux pour six ans le manoir Saint-Yon pour y "loger les maîtres à former les écoles". Jean-Baptiste de la Salle y transfère te noviciat de l'institut et ouvre un pensionnat destiné aux fils de la bourgeoisie, afin de payer l'entretien des vingt et un novices. Celui-ci s'adresse aux propriétaires ruraux, aux commerçants et aux industriels soucieux de donner à leurs fils une instruction secondaire "pratique" et non "classique", le latin étant remplacé par les langues vivantes. Nicolas de Pontcarré demande en outre d'adjoindre à l'établissement une "maison de correction" destinée aux jeunes "mutins et incorrigibles de bonne famille", transformée en 1715 en "pension de force" où l'on enfermait sur lettre de cachet.


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