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Couverture du livre Minorité visible, cinéma invisible : portraits du cinéma afro-français - Invisible cinema, visible minority : photographies of Afro French cinema

Auteur : Samuel Nja Kwa

Préface : Jenny Alpha

Date de saisie : 08/12/2011

Genre : Photos

Editeur : Dagan, Achères

Prix : 35.00 € / 229.58 F

ISBN : 9782953283853

GENCOD : 9782953283853

Sorti le : 01/10/2011

en vente sur logo Amazon.fr Librairie Dialogues


  • La présentation de l'éditeur

Ce beau livre richement illustré des photos de Samuel Nja Kwa nous donne un aperçu de la richesse en talents que la minorité visible présentée ici, celle des Antillais et autres Français d'origine africaine, offre au cinéma français qui ne les a pas trop souvent vus, faisant d'eux les invisibles et les oubliés du grand écran.

Nombreux parmi ceux que l'objectif du photographe nous invite à découvrir ont joué dans plus de films étrangers que français bien qu'étant Français ou résidents en France !

Samuel Nja Kwa est photographe depuis 1996, il vit et travaille à Paris. Depuis de nombreuses années, il photographie des icônes du jazz et des rythmes africains. Il a participé à de nombreuses expositions en Europe et en Afrique. La série «Minorité Visible Cinéma Invisible» est son dernier projet photographique.


This beautiful book, richly illustrated by Samuel Nja Kwa's photographs, gives us a glimpse of the wealth of talent that Caribbean French actors and French actors of African descent offer to the French cinema where they are largely relegated, condemned to stay invisible and forgotten.

Many of those, whom the photographer's lens invites us to discover, have appeared in more foreign than French films, despite being citizens or residents of France !

Samuel Nja Kwa is a photographer since 1996, lives and works in Paris. For many years, he photographed icons of jazz and African rhythms. He participated in numerous exhibitions in Europe and Africa. The series «Invisible Cinema Visible minority» is his latest photographic project.





  • Les premières lignes

Introduction de Samuel Nja Kwa

28 janvier 2009. J'assiste à la conférence de presse de la 21 è édition du Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO) à la cinémathèque de Paris. La nouvelle équipe du festival fait face au public. Elle annonce le changement de cap du festival. Ambiance cérémoniale. L'hommage est rendu à Aimé Césaire, Djibril Diop Mambéty, ainsi qu'à l'éternel Sembène Ousmane. Quelques réalisateurs sont présents dans la salle, on se rappelle aux bons souvenirs de la dernière édition, au passage Manu Dibango et Gérard Essomba sont salués. Je découvre pour la première fois le monde du cinéma. Certains réalisateurs sont «starifiés», les acteurs et les actrices sont «muselés». Je trouve l'ambiance étrange. Mille questions fusent dans ma tête : De quel cinéma parte-t-on ? Qui sont les scénaristes ? Où sont passées les actrices ? Les acteurs ? Les costumières ? Les ingénieurs de son ? Les monteurs ? Les cadreurs ? Les maquilleuses ? Les régisseurs ? Qui sont ceux qui font le cinéma en Afrique ? Par la même occasion, j'élargie la question au cinéma des Antilles, de la Réunion, de la Guyane. Quelques mois auparavant j'avais constaté la disparition des salles de cinéma en Afrique. Ce sujet est évoqué durant la conférence. Comment et pourquoi faire des films si ceux-ci ne sont pas visibles ? Faute d'un manque d'industrie de cinéma en Afrique ou aux Antilles, le cinéma reste un domaine où ceux et celles qui le font sont à la fois indépendants, dans le sens où ils sont souvent producteurs de leurs films et dépendants des subventions ou des aides extérieures.
«Où est le cinéma africain ?» comme le souligne le comédien camerounais Eriq Ebouaney. Où est le cinéma antillais ? Y aurait-il comme un boycott de ce cinéma en France ? Ou n'y a-t-il tout simplement pas de place pour des productions antillaises ou africaines ?
En 2000, lors de la cérémonie des Césars, Luc Saint-Eloy et Calixte Béyala interpellent la Ministre de la culture de l'époque, Madame Trautman, sur la non visibilité des noirs dans le cinéma en France. Aujourd'hui, dix années plus tard, qu'en est-il ? J'ai levé la tête, scruté des affiches de films, je suis allé au cinéma, mais point ou peu de films africains ou antillais à l'affiche. Ah si ! l'été, entre juillet et août, de nombreux festivals dits africains en Europe et en Amérique du Nord présente des films du monde (en fait des films non occidentaux, et particulièrement du tiers-monde). J'ai cherché des noms sur des affiches, j'en ai trouvé quelques uns, mais pas au point de m'extasier. A la télévision, certains figurent dans des séries. A quand une série présentant (sans caricature) une famille africaine ou antillaise ? Et puis je me suis rendu compte qu'il n'y avait pas de figure de proue dans le cinéma afro français. Les États-Unis ont leur Sidney Poitier, Bill Cosby, Denzel Washington, Spike Lee, John Singleton, Wesley Snipes, Lawrence Fishburn, Samuel Jackson, Halle Berry, Whoopi Goldberg... Pour figurer dans des grandes productions, Isaac de Bankolé s'est exilé aux États-Unis, Djimon Honsou en a fait de même. Et d'autres Africains ou Antillais nourrissent les mêmes ambitions. Ont-ils réellement leur chance en France ? Même s'il faut «se prendre en main» comme le souligne Jenny Alpha dans la préface. Le cinéma est aussi une forme d'éducation. Il a «d'une façon générale une influence certaine sur nos comportements, nos modes de raisonnement, tout ce qui fait nos valeurs et nos imaginaires». Ainsi avons-nous le devoir de nous battre pour ouvrir la voie à nos enfants, comme d'autres l'ont fait avant nous.
J'éprouvais de plus en plus l'envie de rencontrer ceux et celles qui appartiennent à la famille du cinéma en France. Alors je me suis mis à interroger, chercher. Je me suis ainsi intéressé à une nouvelle génération de réalisateurs, de scénaristes, d'actrices, d'acteurs, de producteurs... Mon sujet était tout trouvé, associer la parole à l'image à travers la photographie. Je voulais des images prises dans un esprit de spontanéité. Peu m'importait le lieu ou l'endroit, le but étant de faire valoir la disponibilité et l'enthousiasme tout en impliquant les sujets photographiés. Mon désir était d'avoir une ambiance de casting, tout en faisant valoir le jeu et la personnalité. Personne n'a été dirigé, le but étant simplement de passer un message sur un «clap». Je me suis attaché à demander à chaque personne photographiée d'exprimer l'idée qu'elle se fait du cinéma aujourd'hui en France ; l'objectif étant surtout d'interpeler et de s'affirmer.
Pendant que je travaillais sur cette série d'images, j'ai découvert le travail de Gillian Wearing, photographe anglaise qui se fit connaître en 1992-93 grâce à une série intitulée «Signs that say what you want them to say and not Signs that say what someone else wants you to say». Tout comme moi, elle donne la «parole aux personnes rencontrées en les associant à sa démarche.» Au fil du temps, mon travail s'est affiné, étoffé. Tout le monde a répondu présent. Celles et ceux qui figurent sur ces pages ont accepté de jouer le jeu. Leur discours illustre leur volonté : «Donner du rêve», reconstruire l'imaginaire pour que demain change.


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