Auteur : Frank Secka
Préface : Michel Surya
Date de saisie : 02/11/2011
Genre : Littérature, essais
Editeur : Rouergue, Arles, France
Prix : 49.00 € / 321.42 F
ISBN : 978-2-8126-0039-5
GENCOD : 9782812600395
Sorti le : 04/10/2011
Livre animé à rapprocher des petits théâtres de papier, figurines à habiller, profils noirs à découper contemporains de Sade (1740-1840), Sade up est une libre évocation en dix tableaux de l'univers sadien, du libertinage au château des tortures. Le corps y est inépuisable.
(...) La pensée est là aussi dans les images parfaites de Frank Secka («l'art pense», disait Deleuze). Illustreraient-elles Sade, qu'il ne s'y passerait sans doute rien. Or elles ne l'illustrent pas, et c'est ce qui leur confère cette gravité inaccoutumée ; elles prennent sur elles la pensée de Sade lui-même, celle-là qu'on s'est gardé d'y voir (non pas pour mieux le condamner - la licence effrénée -, mais pour qu'on ne voie pas ce qu'on condamnait chez lui - la pensée désabusée). Comment ? En redoublant par exemple les machines de la représentation sadienne (roues, chevalets, gril des supplices) par la machinerie elle-même de leur représentation (volets, tirettes, etc.). Je précise aussitôt pour qu'on ne se méprenne pas : non pas pour déjouer l'horreur ou faire de l'horreur un jeu (un pastiche des représentations d'époque qui elles-mêmes tenaient du pastiche). À peu près n'importe qui eût fait ainsi aujourd'hui. Mais pour mettre la pensée elle-même en représentation, une représentation à laquelle c'est la machine qui commande ou à laquelle on commande par la machine (appelons «roman» cette machine chez Sade, qu'on appellera Pop Up chez Secka, si l'on veut).
Michel Surya
Michel Surya est écrivain et philosophe. Il est un spécialiste de la littérature de la transgression (Bataille, surtout, Sade, aussi). Il a écrit la préface de ce livre.
Frank Secka est né en 1965 dans le nord de la France. À seize ans, il entre en classes préparatoires au Lycée Louis le Grand. Passionné d'images, il se dirige plutôt vers les arts visuels en s'inscrivant à l'atelier Met de Penninghen, puis à l'ESAG, où son diplôme de fin d'études est parrainé par Roman Cieslewicz.
Il se consacre alors à la direction artistique en agence et au graphisme free lance pour des clients aussi différents que la banque de Neuflize Schlumberger Mallet, la Sonacotra, M6, Mattel, Thierry Mugler, ou Paloma Picasso. Au bout de quatre ans, il rend son tablier et s'octroie une année sabbatique dans le midi de la France.
De retour à Paris, il s'initie au «jeté de Polaroïds», collectionne des familles de galets, réalise deux vidéos expérimentales, joue dans plusieurs films d'amis. Il écrit aussi une vingtaine de chansons, mises en musique par Xavier Berthelot.
S'ensuit une longue période d'écriture de fictions, ponctuée par une dizaine de publications et autant de refus. Il rencontre à cette occasion l'équipe du Rouergue, avec laquelle il sera amené à souvent collaborer. Parallèlement, il donne des cours dans quelques écoles d'art et conçoit plusieurs jeux pédagogiques liés au développement durable.
Dernièrement, il a réalisé une série d'animation pour Canal +, il s'est occupé du graphisme d'un certain nombre de collections et de beaux livres dans le monde de l'édition. Il anime parfois des ateliers d'écriture, continue de donner des cours à l'école d'art Maryse Éloy et à Vocation Graphique.
Sade upest une libre évocation en dix tableaux de l'univers sadien, du libertinage au château des tortures. Le corps y est inépuisable." Dans cet univers d'images amovibles qui double les romans du divin marquis, la Raison, grand espoir du XVIIIe siècle, culmine dans la guillotine, signe avant-coureur des horreurs à venir, explique Michel Surya dans sa belle préface.
On sait que l'univers du marquis de Sade se prête à toutes les interprétations - philosophiques, politiques, morales, visuelles, etc...
Résultat : un livre rare, extrême, d'une beauté troublante et d'une pertinence et d'une efficacité tout simplement incontestables...
Les photomontages érudits de Frank Secka et la machinerie papier de Philippe Huger sollicitent la main du lecteur pour mettre en marche la machine, parfois sur cinq plans différents. Depuis qu'une autre main a griffonné les Cent Vingt Journées dans un cachot de la Bastille, on n'avait pas imaginé d'expérience plus troublante. Il fallait ce livre. Le Rouergue l'a fait.
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