- Jean Grégor
- Mercure de France, Paris, France
Parfois les discussions tournaient autour de la musique. Il arrivait qu'ils parlent de U2. Dany Danne ressentait beaucoup de bonheur quand, sans effort, les autres étaient parvenus jusqu'à lui, jusqu'à son intimité. Il les laissait faire, il les laissait parler, du moment qu'ils en parlaient. Pendant ces quelques minutes apparemment anodines, il avait l'impression de revivre. Il ne pouvait s'empêcher d'avoir plus d'affection pour ceux qui aimaient bien Bono, qui lui pardonnaient ses excès. Si certains le cr (...)
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- Jean Grégor
- Fayard, Paris, France
«On se demandait, Boris et moi, ce que les gens retiendraient de nous quand on serait morts, et la réponse, eh bien c'était pas grand-chose. On pensait à nos grands-parents qui avaient connu la guerre, mais pour nous, il n'y avait rien à raconter. Et puis Boris, bien sûr, disait qu'il nous restait les voitures... Quand on avait des discussions sérieuses, quand je lui pressais le citron, c'était cette petite goutte de pensée qui sortait. Il n'avait pas tort, après tout... C'était quand même important, les v (...)
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- Jean Grégor
- Balland, Paris, France
«Tu aurais pu être une mouche. Tu serais née d'une vieille banane que la famille Luchon aurait ignorée à jamais. Tu serais encore jeune, mais dès lors, tu partirais à la recherche de cette odeur nauséabonde qui aurait constitué le cadre de ta tendre enfance. Tu vivrais dans la nostalgie. Dès que tu le pourrais, tu te précipiterais à la surface d'une déjection canine sur laquelle tu t'enivrerais. Ta vie serait le symbole de ce qu'il y a de plus bas et de plus infect sur Terre. Mais comme pour pas mal de chos (...)
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.. Zenith
- Jean Grégor
- Mercure de France, Paris, France
L'enfant continue de hurler à la mort, j'ouvre la porte, et là, je ressens quelque chose de fort, j'ai ce sentiment de déjà vécu, mais d'un autre point de vue, je ne suis plus le petit garçon en pleurs, dans la détresse, je suis l'adulte qui amène avec lui un peu de cette douce lumière du couloir, je m'assois au bord du lit de Guillaume, je le prends dans mes bras, il se blottit contre moi. Il se calme, et je réalise que je l'aime, je l'aime, ce petit, et cette prise de conscience en amène une autre : on pe (...)
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